Affichage des articles dont le libellé est Montaigne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Montaigne. Afficher tous les articles

lundi 6 juillet 2015

Nous pourrons bientôt lire dans la librairie de Montaigne !

1783746_8012440_800x400

Egyptologue et mathématicien de formation, Robert Vergnieux dirige Archéovision et met les technologies numériques les plus pointues au service des sciences humaines et de l'histoire.

  montaigne14_etat2

L'un des derniers projets en cours est la reconstitution intégrale de la librairie de l'écrivain Montaigne qui se trouvait dans la petite tour ronde de son château à Saint-Michel-de-Montaigne. Il s'agit de restituer la bibliothèque de l'auteur des « Essais » telle qu'elle était du temps où il y passait son temps à lire, écrire et penser : c'est - à - dire aussi bien le lieu que les livres qui y étaient entreposés. Il s'agit d'un vaste projet de numérisation de son œuvre, entamé l'an dernier et qui permettra à terme de se promener virtuellement dans la bibliothèque, de cliquer sur un livre pour accéder à son contenu numérisé et lire ce que Montaigne lisait, c'est-à-dire au moins une centaine d'ouvrages.
  1782956_8002594_800x400

Il a fallu également retrouver les maximes, que Montaigne avait fait graver sur les poutres et les solives du plafond de la bibliothèque, et leurs différentes versions (certaines se superposaient).

 

 En croisant la description effectuée par Montaigne lui-même de sa librairie et les images restituées, les spécialistes discutent encore pour savoir combien d'étagères comptait la pièce et de quelle couleur était le plafond. Aux dernières nouvelles, le plafond aurait été blanc et il y aurait eu trois travées dont la troisième équipée de pupitres. Et comment le sait-on ? Parce que les simulations faites par Archéovision ont montré que la phrase d'hommage à La Boétie qui, d'après Alain Legros, surmontait le meuble, était trop longue pour tenir sur deux travées seulement.

lundi 29 décembre 2008

Encore un peu de lecture

Comme j’allais en ville pour faire les achats de cadeaux du réveillon du nouvel an, je suis passé chez mon libraire. Si j’ai résisté à l’achat de « Promenades sous la lune », j’ai craqué pour « La forme d’une ville » de Gracq et l’édition des « Essais » de Montaigne en français moderne par Claude Pinganaud. Ce sera plus commode à relire que mon édition en trois volumes et ancien français.
Ajouté aux livres de Marcel Conche que je viens de recevoir par colis, je crois que le début d'année 2009 va être bien rempli.

dimanche 28 décembre 2008

Montaigne, Heidegger, Auschwitz et Hiroshima

Dans l’un des chapitres consacrés à Heidegger, Marcel Conche revient sur sa conception du rôle de la philosophie.

« La philosophie est recherche de la vérité. Mais il lui est essentiel de ne pas aboutir à ce qu’elle a visé : le philosophe n’atteint pas la vérité, mais seulement sa vérité. (…) Autrement dit, les « vérités » philosophiques sont différentes parce que les philosophes vivent dans des mondes différents. Une grande philosophie est nécessairement en accord essentiel avec le monde du philosophe. Un professeur de philosophie d’aujourd’hui – qui n’est pas à proprement parler, un philosophe - , peut se dire « thomiste », « kantien », « hégélien », etc. En ce cas, vivant dans un certain monde, le nôtre, celui où il y eut Auschwitz et Hiroshima, il pense comme s’il vivait dans un autre, et donc dans l’abstraction à l’égard du propre de son monde. »

Puis il explique pourquoi la philosophie d’Heidegger introduisit une rupture dans la pensée :

« Il est en phase avec ce monde, ce qui n’est le cas, alors, d’aucune autre philosophie, au moins d’une façon aussi intime. Lorsque Heidegger questionne, c’est la souffrance même d’un monde qui questionne en lui. Voici ce qu’écrit F. Heinemann en 1935 : « Aujourd’hui notre intellect, loin de planer librement, se trouve enfoncé avec violence dans la profondeur de l’existence. Nous posons des questions, et c’est une souffrance profonde, inconcevable, qui les pose en nous : la souffrance suscitée par la dense cohue des évènements contemporains : guerre, révolution, décomposition de la société bourgeoise et des valeurs supposées éternelles d’une culture plus de deux fois millénaire, crise du capitalisme, inflation, déflation. En nous ce qui pose les questions, c’est ce fait central, dont les évènements ci-dessus énumérés ne sont que des aspects partiels : la catastrophe de l’homme. »

Aurais-je trouvé la philosophie « pessimiste » que je recherche ? Dois-je lire Heidegger ?

Dans un autre chapitre, toujours en évoquant Heidegger, Conche cite Montaigne :

« Pourquoi prenons-nous le titre d’être, de cet instant qui n’est qu’une eloise dans le cours infini d’une nuit éternelle, et une interruption si brève de notre perpétuelle et naturelle condition ? » (Essais, II, XII, PUF, p. 526). Notre condition quasi perpétuelle : de n’être pas encore, ou de n’être plus. »