C'est un roman de Jeanne Benameur paru récemment chez Actes Sud.
Il se lit assez vite, d'autant qu'il m'a "accrochée" rapidement. Un homme, approchant de la quarantaine, prend du recul sur sa vie lorsque son couple se brise. Il cherche. L'origine de sa rage, ce qui lui manque, en quoi il a été un imposteur, ses racines. Est-il victime, coupable? Qui est-il en fait?
La première partie m'a vraiment beaucoup plu, émue aussi. La seconde, qui correspond à un grand voyage entrepris par le personnage principal, m'a moins convaincue: elle est plus prévisible, plus superficielle, m'a-t-il semblé, alors que le début était par moment si profond. J'aurais aimé que la partie introspection, descente au fond de soi, dure un peu plus. Ou que la suite demeure aussi intense, presque violente de vie.
C'est toutefois un livre qui me marquera. J'y ai retrouvé des émotions, des réflexions qui m'ont fait me sentir "semblable et singulière", comme l'écrit Jeanne Benameur.
jeudi 30 juin 2011
vendredi 27 mai 2011
Remontée acide
Je commence à lire "La littérature à l'estomac" de Gracq, un petit livre qui ne paye pas de mine dans son édition de 1951... Je me doutais que son propos doit encore être d'actualité, mais je ne savais pas à quel point !
"La France, qui s'est si longtemps méfiée du billet de banque, est en littérature le pays d'élection des valeurs fiduciaires. Le Français qui se figure malaisément ses leaders politiques sous un autre aspect que la rangée de tête d'un jeu de massacre, (tiens, il faudra que j'écrive un billet sur La politique telle qu'elle meurt de ne pas être que je viens de terminer) croit les yeux fermés, sur parole, à ses grands écrivains. (qui a dit BHL ?)
Un peu plus loin : "l sait qu'il y a toujours eu de grands écrivains, et qu'il y en aura toujours, comme il savait jusqu'à 1940 que l'armée française est invincible."
Un livre à savourer donc...
"La France, qui s'est si longtemps méfiée du billet de banque, est en littérature le pays d'élection des valeurs fiduciaires. Le Français qui se figure malaisément ses leaders politiques sous un autre aspect que la rangée de tête d'un jeu de massacre, (tiens, il faudra que j'écrive un billet sur La politique telle qu'elle meurt de ne pas être que je viens de terminer) croit les yeux fermés, sur parole, à ses grands écrivains. (qui a dit BHL ?)
Un peu plus loin : "l sait qu'il y a toujours eu de grands écrivains, et qu'il y en aura toujours, comme il savait jusqu'à 1940 que l'armée française est invincible."
Un livre à savourer donc...
dimanche 15 mai 2011
Gracq toujours
Pierre Assouline évoque à son tour les Manuscrits de guerre de Julien Gracq dans un beau billet. J'aime particulièrement le passage sur Yves lacoste et le détournement de sa formule en "la géographie, ça sert aussi à faire la littérature".
jeudi 12 mai 2011
Promenade avec Gracq
Étrange livre que Les eaux étroites. On peut se demander de prime abord ce qui a poussé Gracq à vouloir le publier et les éditions Corti à accepter !
Ce petit volume raconte les souvenirs des promenades sur l'Evre faites par l'auteur, mêlant descriptions de paysage et réminiscence de lectures.
Quel intérêt sinon les mots de Gracq, si puissants et évocateurs pour moi ?
"Pourquoi le sentiment s'est-il ancré en moi de bonne heure que, si le voyage seul - le voyage sans idée de retour - ouvre pour nous des portes et peut changer vraiment notre vie, un sortilège plus caché, qui s'apparente au maniement de la baguette de sourcier, se lie à la promenade entre toutes préférée, à l'excursion sans aventure et sans imprévu qui nous ramène en quelques heures à notre point d'attache, à la clôture de la maison familière ?"
Ce petit volume raconte les souvenirs des promenades sur l'Evre faites par l'auteur, mêlant descriptions de paysage et réminiscence de lectures.
Quel intérêt sinon les mots de Gracq, si puissants et évocateurs pour moi ?
"Pourquoi le sentiment s'est-il ancré en moi de bonne heure que, si le voyage seul - le voyage sans idée de retour - ouvre pour nous des portes et peut changer vraiment notre vie, un sortilège plus caché, qui s'apparente au maniement de la baguette de sourcier, se lie à la promenade entre toutes préférée, à l'excursion sans aventure et sans imprévu qui nous ramène en quelques heures à notre point d'attache, à la clôture de la maison familière ?"
mercredi 4 mai 2011
Des écrivains en vidéo
J'ai déniché plusieurs entretiens donnés par mes écrivains préférés :
Julien GRACQ 'Entretien" par MELMOTH
Paul Auster sur Rue89 : l'interview intégrale par rue89
Julien GRACQ 'Entretien" par MELMOTH
Paul Auster sur Rue89 : l'interview intégrale par rue89
Un balcon en forêt
Lire Un balcon en forêt après les manuscrits de guerre de Gracq est éclairant. On mesure combien l'expérience de la guerre du Lieutenant Poirier a enrichi la fiction mettant en scène l'aspirant Grange. Certains passage du journal de guerre sont purement repris dans le roman, comme l'épisode du fuyard dont la maison a été détruit par des "canons - revolvers" et les Knackebrot de seigle qualifiés de "nourriture triste" dans les deux textes.
Le roman recèle aussi de magnifiques descriptions de paysage, montrant l'oeil exercé du géographe de la génération des Vidal de la Blache ou des De Martonne. "Le train , qui suivait la rivière lente,s'était enfoncé d'abord entre de médiocres épaulements de collines couverts de fougères et d'ajonc." Lire le Gracq géographe me fait l'effet de me retrouver en hypokhâgne, lorsque je passais des heures sur les cartes topographiques et les coupes géomorphologiques, à essayer d'expliquer le paysage français.
Je n'arrivais plus à lire, et voilà qu'en quelques jours, j'ai lu deux livres de Julien Gracq. Il est décidément devenu mon auteur préféré !
Le roman recèle aussi de magnifiques descriptions de paysage, montrant l'oeil exercé du géographe de la génération des Vidal de la Blache ou des De Martonne. "Le train , qui suivait la rivière lente,s'était enfoncé d'abord entre de médiocres épaulements de collines couverts de fougères et d'ajonc." Lire le Gracq géographe me fait l'effet de me retrouver en hypokhâgne, lorsque je passais des heures sur les cartes topographiques et les coupes géomorphologiques, à essayer d'expliquer le paysage français.
Je n'arrivais plus à lire, et voilà qu'en quelques jours, j'ai lu deux livres de Julien Gracq. Il est décidément devenu mon auteur préféré !
mardi 3 mai 2011
La disparition des traces
A l'heure où viennent de paraitre les manuscrits de guerre de Gracq, Pierre Assouline se fait l'écho d'une inquiétude de l'Institut des textes et manuscrits modernes : avec le numérique, les traces de la création des oeuvres littéraires ont tendance à disparaitre. Il sera bientôt difficile sinon impossible de reconstituer le cheminement de la pensée des auteurs de fictions comme d'essais.
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