dimanche 17 octobre 2010

Le souffle d'autrefois



Il y a quelque chose d'ironique à ce que je lise Le grand périple d'Esculape de Horia Stancu, alors que je suis quasi immobilisé par un terrible mal de dos !
Ce roman de la collection Plein Vent narre les aventures du médecin grec à travers l'Egypte, l'Afrique, le Moyen Orient et la Turquie. Car dans ce livre, Esculape est un homme, et non un dieu.
Sa lecture m'a rappelé mon enfance, lorsque j'empruntais les ouvrages de cette collection, chaque semaine, à la bibliothèque du village voisin. Mais ce roman n'est pas seulement pour les enfants et l'adulte que je suis devenu y a trouvé son compte. Esculape porte un regard désabusé sur les hommes de son temps, leur bêtise et leurs passions. Et sa quête absolu de savoir est émouvante.
Une lecture rapide (il faut dire que je ne peux presque rien faire d'autre) mais enrichissante.

jeudi 14 octobre 2010

Ouragan

Je viens de terminer la lecture de ce roman de Laurent Gaudé, publié chez Actes Sud. C'est un livre formidable.
Il m'a plusieurs fois appelée, cet Ouragan, depuis la table sur laquelle il était exposé. D'abord sa couverture m'a frappée, un jeune femme noire, magnifique, tête baissée et les cheveux dressés. Le titre aussi, bref et terrible. Puis le quatrième de couverture m'a attrapée: "une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent": j'adore les histoires où tout s'entremêle, ou le hasard bringuebale chacun. Là, l'action se déroule pendant l'ouragan qui a détruit et inondé la Nouvelle Orléans.
L'écriture m'a plu par sa fausse simplicité et sa terrible efficacité. Ce roman est violent, à tous égards. L'auteur ne se préoccupe pas de ce que pourrait souhaiter le lecteur: il va au bout de ce qu'il a décidé. Quitte à rendre la lecture douloureuse.
On suit donc plusieurs personnages, dont certains m'ont naturellement plus parlé que d'autres: Joséphine, que sa fierté rend si majestueuse, qui porte en elle et avec elle l'histoire des Noirs de la Nouvelle Orléans et d'ailleurs, que je pourrais reconnaître dans la rue si je la croisais, tant j'ai l'impression de l'avoir accompagnée. Et puis il y a Keanu et sa douleur d'homme, magnifique dans son authenticité, enfin ouvert à la vie, éclairé subitement. Et Rose, bouleversante. Ne serait-ce que pour rencontrer Rose, il faut lire ce livre. Rose et cet enfant qu'elle rejette silencieusement, profondément, tristement, mais qu'elle aime pourtant sans condition. Rose qui s'est égarée et n'attend rien. Rose qui vit parce qu'il le faut bien.
Trop de passages du roman m'ont marquée pour que je les retranscrive tous. En voici quelques-uns, ceux qui aujourd'hui me semblent les plus aigus. Probablement ces extraits ne peuvent-ils parler à celui qui connaît le le roman (ou qui me connaît moi) , mais tant pis.
"Il est beau - non pas qu'il soit parfait, mais il a cette force puissante qui rend un homme indéracinable."
"Il l'a prise dans ses bras pour qu'elle arrête de marcher et de tourner et il lui a dit qu'ils allaient le retrouver."
"(...) il la voit qui pleure doucement mais il poursuit son récit, il sait qu'elle comprend qu'elle est en train de répondre à sa question, d'y répondre comme il ne l'a jamais fait et c'est peut-être aussi pour cela qu'elle pleure, de la violence des images qu'il évoque mais aussi de la beauté du cadeau qu'il lui fait, il sent qu'elle est avec lui, dans ce récit, (...)"
"O le long baiser qui dure et soulève les vies, balaie la poussière de nos errances. (...) O le long baiser qui ne s'arrête que pour recommencer et qui cloue la nuit au silence."

samedi 9 octobre 2010

Une partie de la bibliothèque de Borges retrouvée !


Un poème inconnu de Jorge Luis Borges et près de 800 livres souvent annotés de sa main ont été découverts à la Bibliothèque nationale de Buenos Aires. Ces livres sont issus d'un don de l'écrivain lors de sa mise à la retraite par le général Juan Perón, en 1973, et ils ont dormi jusqu'ici. Cette collection est particulièrement précieuse car elle contient des plans de futurs ouvrages et des commentaires en marge, ainsi qu'un poème atypique de Borges.

Si cela vous intéresse, suivez ce lien :

http://www.revuerectoverso.com/spip.php?article65

La bibliothèque de Marilyn



Je suis curieux des bibliothèques des gens, qu'ils soient célèbres ou non. En feuilletant le livre des écrits intimes de l'actrice qui vient de sortir au Seuil, je suis tombé sur un passage concernant sa bibliothèque :
""Dans la journée, je gagnais ma vie avec des petits rôles dans les films. Je suivais des cours d'histoire de la littérature et d'histoire de ce pays; je lisais beaucoup, de grands écrivains."Sa bibliothèque compte plus de 400 livres, des classiques (Milton, Dostoïevski, Whitman) aux contemporains (Hemingway, Beckett, Kerouac)."
Sur les photos qui illustrent le livre, on peut la voir lire du Heinrich Heine, du Joyce, un essai sur Goya, du Arthur Miller. On la voit en compagnie de Truman Capote, Carson McCullers et Karen Blixen.
J'ai eu, comme beaucoup, une passion adolescente pour Marilyn Monroe. J'apprécie certains de ses films et certaines de ses chansons. Ce recueil de textes de sa main devrait me permettre de saisir un peu sa pensée.

je rajoute ici un lien vers un blog recensant les livres de Marilyn vendus aux enchères :
http://www.booktryst.com/2010/10/marilyn-monroe-avid-reader-writer-book.html

mardi 5 octobre 2010

Avec vue sur la chambre

Mon bibliothécaire particulier m'a offert un petit livre de chez Chomant : Avec vue sur la chambre, d'Emmanuelle Halgand.
J'aime toujours autant leurs livres, en tant qu'objets; je n'y reviens pas car j'en ai déjà parlé pour La tâche d'encre...
Il n'y a pas vraiment d'histoire. On accompagne une jeune femme au fil des pages, dans son quotidien, les hauts et les bas de ses amours, de sa vie. L'auteur se réfère beaucoup à ses sensations, et c'est d'ailleurs pour cela que ce livre m'a été offert car ce sont mes sens qui me guident, parfois qui me dominent.
C'est amusant comme certaines remarques ont fait écho en moi, alors que des chapitres entiers me sont restés étrangers. Ce n'est pas une lecture inoubliable, mais elle m'a plu: j'ai découvert un autre univers, typiquement féminin, et plusieurs fois j'ai souri de me reconnaître, de lire des pensées intimes, parfois secrètes, dépourvues de sens, irrationnelles ou parfaitement terre à terre, mais manifestement communes à bien des femmes.
Le sous-titre est "Chronique hédoniste". Je n'ai pas trouvé cette femme vraiment hédoniste. Elle ressent, elle abuse parfois, mais elle prend aussi soin de l'autre et n'est pas entièrement tournée vers elle-même.
Ou bien ai-je mal compris ce qu'est l'hédonisme?

dimanche 19 septembre 2010

Un quai, des livres

Nous sommes allés nous promener sur les quais de la Seine ce matin, pour voir les étals des bouquinistes et des particuliers à l'occasion de la manifestation "Quai des livres".
la moisson fut bonne, entre de vieux papiers (un acte de vente de 1696 et une correspondance du XIXe), un recueil de fac-similé de 56 dessins de Léonard de Vinci de 1928 et une bonne dizaine de livres divers et variés.

mercredi 15 septembre 2010

En attendant Owen

Je relis L'œuvre au noir en attendant mon fils qui manipule l'argile dans la pièce à côté.
J'ai revu hier soir le film de Delvaux dont je n'avais gardé que des impressions depuis son passage à la télévision à la fin des années 80.C'est un très bon film, intelligent et esthétique. Avec le DVD, on trouve un livret qui contient des extraits de la correspondance entre le réalisateur et l'écrivain. C'est une lecture passionnante.
Mon fils pétrit, je retourne à ma lecture...