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samedi 19 février 2011

80 millions de voyeurs

Alors que j'étais épuisée et préoccupée, il y a quelque temps, j'ai demandé à mon bibliothécaire personnel de me trouver dans nos étagères un livre "plutôt facile, distrayant, style policier, prenant".
J'adore demander à mon bibliothécaire de me choisir un livre: il y a toujours une part délicieuse de surprise et je lis ainsi des romans que sinon je n'aurais jamais ouverts. Mais c'était une mission délicate: je voulais du polar sans terreur. Cette fois donc, son choix s'est porté sur 80 millions de voyeurs, de MacBain.
Premier MacBain me concernant, bilan globalement positif. L'histoire m'a attrapée, comme je le souhaitais, la lecture était effectivement facile mais avec des lourdeurs qui m'ont gênée, dans le fond et la forme. Le décalage temporel énorme m'a amusée: on a presque l'impression d'être dans un autre univers.
Je crois que je vais en lire un autre.

jeudi 2 décembre 2010

Manchette ou Rio ?

En lisant "La position du tireur couchée" de Jean - patrick Manchette, j'ai un moment eu un sentiment de déjà vu... L'histoire de ce tueur à gage voulant décrocher et dont l'amour pour une femme va entrainer sa perte m'a rappelé "Faux pas" de Michel Rio.
Dans les deux cas, l'intrigue est simplicime et le propos assez sombre. Mais Rio a écrit un roman intemporel dont l'objet est de rendre compte des état d'âme d'un monstre social tandis que Manchette place son action dans les années 70, en pleine guerre froide.Je n'ai pas adhéré au soubassement géopolitique de l'intrigue de Manchette et je trouve qu'elle nuit au roman.
Christian, le héros de Manchette, subit les évènements tandis que "l'inconnu" de Rio mène le jeu. C'est que Manchette a signé un roman qui réfléchit sur la société tandis que Rio analyse l'individu.
Et puis la fin... la fin du livre de Manchette m'a paru ridicule, avec cette répétition générationnelle tandis que la fin du livre de Rio est simple et semble s'imposer de soi.

dimanche 4 juillet 2010

Pourquoi faut-il lire Connelly ?

Michael Connelly est un auteur de roman policier à succès, inspirant le cinéma. Parmi ses livres, ceux mettant en scène l'inspecteur Harry Bosch ont ma préférence.
Je crois que ce que j'aime chez Connelly, c'est l'approche réaliste de ses romans qui vient de son passé journalistique. Il a travaillé pour divers journaux (dont le Los Angeles Times)pour lesquels il a produit des chroniques judiciaires. Certaiens ont été regroupées dans le recueuil "Les chroniques du crime" paru au Seuil.
Les enquêtes de Bosch se déroulent à Los Angeles, une ville que Connelly connait bien. Il a d'ailleurs fait paraitre un DVD dans lequelle il fait visiter les lieux sensibles de ses romans ("Blue neon night").
La carrière romanesque de Bosch se déroule pour le moment de 1992 à 2009 au sein de 14 romans (dont 13 ont été traduits) mais son auteur l'a fait intégrer le LAPD en 1972.
J'aime le regard pessimiste et désabusé que porte Bosch sur la ville et la société et je trouve le style de Connelly précis, fluide et sans fioriture.

mercredi 27 mai 2009

Histoires regrettables


J'ai commencé à lire un recueil de nouvelles de l'auteur Wilkie Collins, ami de Dickens et l'un des créateurs de la fiction moderne selon Borges. Ce sont des nouvelles policières présentant les dessous de la société victorienne. Le style est agréable, sans fioriture contrairement à celui de nombre de ses contemporains. Les personnages sont campés en quelques lignes.

samedi 21 février 2009

Du dépaysement


J'ai commencé la lecture de Fantômes et kimonos, offert par des amis lors du réveillon du jour de l'an. Il s'agit de courtes nouvelles se déroulant au Japon, au XIXe siècle, qui racontent les enquêtes d'un "détective" au service des autorités.
J’aime la civilisation japonaise dans sa complexité et sa pureté et le dépaysement que procure cette lecture. Le style est simple et concis. Il s’agit là d’une lecture distrayante et assez reposante.

vendredi 27 juin 2008

Attention, livre maudit

Je viens de terminer Versus, avalé en deux jours. Ce roman rejoint le rayonnage assez réduit des livres qui ont compté pour moi. Sa lecture ne peut pas laisser indifférent.

Le personnage principal, Paul Nazutti est un concentré de haine qui porte sur le monde un regard ambigu : il le déteste, mais il continue d’y participer.

Le plus effrayant pour moi (et probablement pour les quelques proches qui parcourent ce blog) est que je me suis reconnu dans ce personnage de fiction. Pire encore, j’ai le sentiment que si j’étais entré dans la police comme j’avais initialement voulu le faire, je serais devenu comme lui. Aujourd’hui je ne lui ressemble qu’un peu !

Je suis persuadé que la société décrite par Antoine Chainas à travers le regard du major Nazutti est la vraie, et cela ne me rend pas optimiste…

Pour en revenir au roman, si j’excepte une fin prévisible et à mon avis inutilement dans la surenchère, il est bon de la première à la dernière page. Sans temps mort, il ne vous laisse pas respirer et vous plonge dans les tréfonds d’une (puis deux) âmes torturées. Là où le Dantec des Racines du Mal vous décrivait un univers glauque, Chainas vous y fait participer… C’est déstabilisant et je ne peux que recommander cette lecture à un public averti.

jeudi 3 avril 2008

Versus

Paul Nazutti, major à la Brigade des mineurs, est un des personnages les plus marquants qu’il m’est arrivé de croiser dans un polar, depuis les héros du Dantec que l’on pouvait encore lire !

Paul Nazutti, flic à l’ancienne, est un torrent de haine lancé contre l’humanité: hommes, femmes, enfants, vieux, noirs, arabes, juifs, homos, hétéros, flics, politiques, touristes, médecins, avocats, juges, fonctionnaires… Il les vomit tous mais encore plus les pervers et les pédophiles. C’est un flic qui guette, chasse, transgresse, torture. N’ayant que faire de la rédemption, sachant très bien qu’il ne sera au mieux qu'"un chiffre dans les statistiques", Nazutti est en croisade contre le rebus de l’humanité.

Dans Versus, à la manière des romans procéduraux classiques, une série de meurtres récents ramènent à la surface des affaires bâclées vingt ans auparavant. En 1988, Nazutti enquêtait sur la disparition d’une jeune fille. Celui qui n’était alors qu’inspecteur était alors plus en guerre contre son propre corps de métier que contre les criminels ; ce qui l’amena à bâcler l’affaire. Nous sommes ensuite transportés en juillet 2008, au moment où Nazutti tombe sur une affaire macabre: des cadavres de pédophiles retrouvés près des cadavres des enfants qu’ils ont auparavant violentés. Le meurtrier a également déposé des poèmes à côté des corps. Le nouveau chef de la brigade des mineurs fait alors équipe avec un idéaliste mis au placard pour avoir dénoncé des supérieurs, et qui revient sur le terrain.

Versus associe la profondeur psychologique et procédurale de Michael Connelly et le regard de Richard Price pour les villes d’aujourd’hui. On y retrouve également parfois les digressions mystiques et religieuses (moins délirantes cependant) de Dantec.

mercredi 21 février 2007

Des polars à la pelle ( à l'appel ?)

Un lien vers un blog qui chronique des romans policiers :

http://www.noircommepolar.com/f/index.php