samedi 20 février 2016
Deux "nouveaux" poèmes de Tolkien
lundi 17 août 2015
Pour habiter l'oeuvre de Tolkien ?
mardi 4 août 2015
Le roman comme exploration
vendredi 17 mai 2013
Le cycle des Contrées de Jacques Abeille
J'ai été enthousiasmé par la première partie de l'ouvrage, relatant la découverte des jardins et de leurs us et coutumes. La seconde partie, consacrée aux steppes et au déclin de la civilisation des jardins m'a moins convaincu. La langue de Jacques Abeille est précieuse, mais elle est moins "fluide" que celle de Gracq il me semble. Reste que son imaginaire est riche et intéressant.
mercredi 4 mai 2011
Des écrivains en vidéo
Julien GRACQ 'Entretien" par MELMOTH
Paul Auster sur Rue89 : l'interview intégrale par rue89
mercredi 19 novembre 2008
Rencontres littéraires
Tolkien d'abord, dont ma mère m'a offert les trois tomes en Livre de Poche, alors que j'étais malade, au fond de mon lit. Je garde un souvenir précis et net de cet instant. Et cet auteur a infléchi ma vie, durablement.
Lovecraft ensuite, rencontré sur les conseils de Nicolas, un ami. Et découvrir un auteur clef grâce à un ami, c'est quelque chose.
Borges, rencontré par l'intermédiaire d'un magazine. Un coup de foudre, pourrait-t-on dire.
Dans une moindre mesure, ce même magazine m'a fait connaitre Michel Rio (l'auteur de l'excellent « Faux pas »), John Irving (« le monde selon Garp ») et Italo Calvino (« Si par une nuit d'hiver un voyageur »)
Julien Gracq, découvert à cause d'une liste de livres à lire pour entrer en Hypokhâgne.
Et enfin, Paul Auster pour lequel je ne me souviens plus des circonstances de la rencontre (une table, chez un libraire ?) et Siri Hustvedt, partagée avec une amie.
Pour être complet, il faudrait ajouter Dumas et Flaubert, découverts grâce à ma grand-mère.
jeudi 20 décembre 2007
La mort de l'éditeur français de Tolkien
Pour beaucoup, il est celui qui a fait découvrir aux Français la littérature étrangère. En 1962, il prend la direction des éditions Julliard, rachetées ensuite par les Presses de la Cité. A la tête de ces dernières, il devient l'un des plus grands éditeurs français. Il y dirige, pendant une vingtaine d'années, Julliard, Plon ou encore Perrin.
A partir de 1968, il fonde la fameuse collection de poche "10/18", où cohabitèrent, dans les années 1970, toutes les formes de la pensée contemporaine.
En 1966, en étroite association avec l’écrivain et éditeur Dominique de Roux, il fonde sa propre maison d'édition: Christian Bourgois Editeur, qui construisît sa réputation sur l'étranger. Il en resta jusqu'au bout l'unique directeur littéraire. C’est dans cette maison qu’il publia la première traduction française des œuvres de Tolkien en 1969.
Merci Monsieur Bourgois, vous manquerez aux livres.
dimanche 9 décembre 2007
Gracq et Tolkien, encore
Voici ce qu’il dit sur la création d’un roman :
« Les fantômes de livres successifs que l’imagination de l’auteur projetait à chaque moment en avant de sa plume, et qui changeaient, avec le gauchissement inévitable que le travail d’écrire imprime à chaque chapitre, tout comme une route sinueuse projette devant le voyageur, au sein d’un paysage d’un caractère donné, une série de perspectives différentes, parfois très inattendues.
A chaque tournant du livre, un autre livre, possible et même souvent probable, a été rejeté au néant. Un livre sensiblement différent, non seulement dans ceci de superficiel qu’est son intrigue, mais dans ceci de fondamental qu’est son registre, son timbre, sa tonalité. »
Julien Gracq déclare ici que le travail des critiques est souvent vain, puisqu’ils ne peuvent connaître ces livres non écrits… Mais son propos prend pour moi un autre écho avec la parution des manuscrits de Tolkien concernant le Seigneur des Anneaux. Nous avons ainsi, en quelque sorte, ces livres non écrits ou au moins non aboutis.
Lorsque j’en aurais le temps et le courage, je me lancerais sur la route sinueuse de cette œuvre afin d’en voir les multiples paysages.
lundi 11 juin 2007
Pourquoi lire Tolkien ?
Le Seigneur des anneaux raconte la fin d’un monde, ou d’une époque au moins.
La « Terre du Milieu », où vivent des peuples très différents (hobbits, elfes, nains, hommes, etc.) est menacée par la réapparition d’une entité maléfique nommée Sauron (dont la montée en puissance est décrite dans « le Silmarillion »). Afin de prendre le dessus définitivement, Sauron cherche à reconquérir « l’anneau unique », forgé par lui et dont le pouvoir lui permettrait d’asservir tous les peuples. Or, les forces du bien découvrent qu’elles possèdent cet anneau, qui a été trouvé par hasard par un hobbit (le récit de cela est fait dans « Bilbo le Hobbit »). Ils décident ensemble de faire l’unique chose susceptible d’affaiblir voire anéantir leur ennemi : détruire l’anneau. Mais pour ce faire, il faut entrer dans le cœur même du royaume de Sauron. Une compagnie composée de représentants des différents peuples se met alors en marche pour cette quête, longue et pleine de rebondissements. L’anneau est finalement détruit, l’ennemi est vaincu, mais la Terre du Milieu en reste marquée et amorce son déclin.
Cette œuvre en trois tomes, que l’on peut classer dans le genre « conte» est à l’origine d’un style appelé « heroic fantasy », qui a donné lieu à une abondante production et aux jeux dits « de rôles dont j’ai déjà parlé .
L’auteur, professeur de littérature anglo-saxonne, spécialiste dans le genre littéraire du conte (voir son essai Faerie),est un écrivain prolifique: occupé pendant presque toute sa vie à créer une nouvelle mythologie, de l’origine d’un monde aux histoires liées à ses différents âges, la somme de ce qu’il a écrit dépasse largement le cadre du Seigneur des Anneaux ( son fils a d’ailleurs compilé tous les écrits de son père au sujet de la Terre du Milieu dans une série de livres intitulée History of Middle Earth)
Plus qu’un univers, J.R.R. Tolkien a aussi réinventé des créatures mythologiques (ses elfes n’ont plus rien à voir avec leurs ancêtres nordiques), il a créé des langages (elfe, nain et autres.), une écriture, à partir de principes linguistiques étudiés en profondeur et de l’héritage mythologique anglo-germanique. Le Seigneur des Anneaux intervient à la fin de milliers d’années d’histoires de ce monde, dont il ne reste que des bribes (voir Contes et Légendes inachevées du même auteur).
Les premiers lecteurs ont pu croire à une allégorie sur la Seconde Guerre mondiale, alors toute proche : des peuples alliés contre un ennemi à la recherche de l’arme suprême, la comparaison est tentante. Mais Tolkien lui-même corrige cela dans la première édition de poche autorisée aux Etats-Unis. Dans la préface, il explique que la Seconde Guerre mondiale n’a pu influencer son écriture pour la simple raison que l’essentiel de l’intrigue avait été déjà écrit en 1939, donc avant que la guerre n’éclate et que les alliances se créent. Il reconnaît toutefois l’influence, s’il doit y en avoir une, qu’a eue la Première Guerre mondiale, avec son lot de souffrance et de malheur, sur son œuvre.
L’appartenance du récit à deux genres différents, le conte et l’épopée, est très marquée. Tous les éléments du conte y sont : l’apparition très progressive de la magie et du surnaturel dans un monde très réel (la maison hobbit est un vrai cottage anglais), la transformation subie par les personnages au cours de l’histoire, le passage par des épreuves physiques et psychologiques, les leçons de vie sur les choix à faire. Mais il réunit également tous les ingrédients de l’épopée chevaleresque : mise en exergue du courage, de l’honneur, de la parole donnée, de l’engagement amoureux ; intrigues secrètes, rois et reines détrônés puis restaurés.
L’épopée se sent aussi dans la complexité des caractères, qui dépasse celle des personnages d’un conte. La dualité de Gollum, Bilbo ou Frodon est profonde et le personnage de Sam Gamegie n’est pas sans rappeler celui d’un Sancho Pansa, plus visionnaire que son maître. La beauté et la grâce des elfes n’effacent pas leur nostalgie excessive pour une splendeur passée et une relative indifférence aux aléas du monde. De plus, tout ceci est ancré dans une histoire ancienne préalable, souvent évoquée, qui donne des racines solides à l’histoire contée.
Tout lecteur qui aborde le Seigneur des Anneaux en croyant lire un simple livre d’aventures sera forcément un peu déçu : oui, il y a des événements extraordinaires à foison, mais ils sont ponctués de moments plus lents consacrés à la psychologie des personnages et à la description de paysages. Cela reste malgré tout une œuvre majeure du XXe siècle que je vous recommande de lire afin d’ouvrir les portes de votre imaginaire à la Terre du Milieu. En persévérant au – delà des trois premiers chapitres, vous ne serez pas déçu.
dimanche 10 juin 2007
Julien Gracq et Tolkien
En parcourant le net à la recherche d’information sur « the children of Hurin », une réédition complètement remaniée d’une grande partie des textes composant « le Silmarillion », je suis tombé sur des références liant Tolkien et Julien Gracq dont je parlais ici.
Julien Gracq est l’un des premiers auteurs français à avoir évoqué Tolkien, et pris position en sa faveur. Dans "En lisant en écrivant" (en 1980), il déclare "Enigmatique et irritant pour l'esprit le cas de ces écrivains que la librairie a imposé à la littérature" et cite Tolkien parmi ces auteurs dont le succès populaire précède la reconnaissance des professionnels de la littérature.
Il dit également de l’œuvre de Tolkien : « « La dernière très forte impression de lecture que j'ai ressentie m'a été causée, il y a sept ou huit ans, par Le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, où la vertu romanesque resurgissait intacte et neuve dans un domaine complètement inattendu. »
Je vais du coup me plonger un peu plus sérieusement dans le numéro du Magazine littéraire consacré à Julien Gracq et même peut-être lire les « Entretiens » qu’il a accordé, parus en 2002 chez José Corti.


