mardi 4 mars 2014
Une Histoire de France de Jules Michelet
vendredi 10 août 2012
Quand un historien s'égare
vendredi 1 juillet 2011
Un roman archéologique
Ce petit roman est passionnant. Écrit sous la forme d'un journal quotidien, il parle de l'archéologie, de notre rapport aux temps et à l'histoire (la préhistoire ici, en fait). Même les poèmes émaillants le texte, rédigés comme des Haïkus, participent à la réflexion.
"Quand meurt un homme ? Est-ce quand son bras retombe, lorsque son coeur cesse de battre, quand la chaleur enfin délaisse son corps ? Où est-ce plutôt quand celui-ci disparait sous la terre ?- mais "notre" dépouille vient au contraire d'en resurgir ! Est-ce enfin lorsque ses restes ont fini de se dissoudre, que sa sépulture s'est effacée, que son souvenir s'est retranché de la mémoire des vivants ? Mais voici les restes de "notre" défunt pourtant - voici sa tombe retrouvée - et nous voici, comme venus apporter la preuve du contraire !"
dimanche 1 mai 2011
Ecrits de guerre
Composé a postériori, mais prenant la forme d'un journal de bord, le récit de 125 pages nous montre la défaite française et nous l'explique aussi : "il s'établissait comme en langage chiffré, comme en morse, un dialogue mystique : d'un côté l'âme sage, timide et économe et de l'autre une volonté sauvage, farouche, d'étouffer, d'écraser, de courber sous son joug l'adversaire, d'avoir à tout prix le dernier mot."Ou encore : "Rien d'authentique ne sera sorti de cette guerre que le grotesque aigu de singer jusqu'au détail 1870 et 1914."
Gracq est un observateur lucide, tant de la menée de la guerre que des rapports humains qu'elle entraine. " De notre situation désespérée ne naît, comme on pourrait le croire, ni communion, ni cordialité. Chacun se referme sur soi-même, dans sa boule dure, et il n'y a peut-être aucun moment de la guerre où je n'aie sentie jusqu'à la gêne les rapports entre hommes plus hypocrites, plus creux. Chacun est seul. Eh bien ! Va pour la solitude, et tant mieux."
Il me reste à lire le récit de guerre dont l'action se déroule sur deux jours et deux nuits et reprend en partie les souvenirs du lieutenant Poirier.
Je n'ai qu'un regret concernant ce livre, c'est que la maison José Corti ait changé la qualité du papier et de la couverture et que le volume soit massicoté !
mercredi 27 octobre 2010
Un très beau texte sur l'histoire et le roman historique
"L’histoire de France, grâce à messieurs Mézeray, Vély, et Anquetil, a acquis une telle réputation d’ennui, qu’elle en peut disputer le prix avec avantage à toutes les histoires du monde connu : aussi le roman historique fut-il chose complètement étrangère à notre littérature jusqu’au moment où nous arrivèrent les chefs-d’œuvre de Walter Scott. Je dis étrangère, car je ne présume pas que l’on prenne sérieusement pour romans historiques le Siège de la Rochelle, de madame de Genlis, et Mathilde, ou les Croisades, de madame de Cottin. Jusqu’à cette époque nous ne connaissions donc réellement que le roman pastoral, le roman de mœurs, le roman d’alcôve, le roman de chevalerie, le roman de passion, et le roman sentimental. L’Astrée, Gil Blas, le Sofa, le petit Jehan de Saintré, Manon Lescaut, et Amélie Mansfield, furent les chefs-d’œuvre de chacun de ces genres.
Il en advint que notre étonnement fut grand en France lorsque, après avoir lu Ivanhoe, le Château de Kenilworth, Richard en Palestine, nous fûmes forcés de reconnaître la supériorité de ces romans sur les nôtres. C’est que Walter Scott aux qualités instinctives de ses prédécesseurs joignait les connaissances acquises, à l’étude du coeur des hommes la science de l’histoire des peuples ; c’est que, doué d’une curiosité archéologique, d’un coup d’œil exact, d’une puissance vivifiante, son génie résurrectionnel évoque toute une époque, avec ses moeurs, ses intérêts, ses passions, depuis Gurth le gardien de pourceaux jusqu’à Richard le chevalier noir, depuis Michaël Lambourn le spadassin, jusqu’à Elisabeth la reine régicide, depuis le chevalier de Léopard jusqu’à Sallah-Eddin le royal médecin : c’est que sous sa plume enfin, hommes et choses reprennent vie et place à la date où ils ont existé, que le lecteur se trouve insensiblement transporté au milieu d’un monde complet, dans toutes les harmonies de son échelle sociale, et qu’il se demande s’il n’est pas descendu par quelque escalier magique dans un de ces univers souterrains comme on en trouve dans les Mille et une Nuits.
Mais nous ne nous rendîmes point ainsi tout d’abord, et nous crûmes longtemps que cet intérêt inconnu que nous trouvions dans les romans de Walter Scott tenait à ce que l’histoire d’Angleterre offrait par ses évènements plus de variétés que la nôtre. Nous préférions attribuer la supériorité que nous ne pouvions nier à l’enchaînement des choses, plutôt qu’au génie de l’homme. Cela consolait notre amour-propre, et mettait Dieu de moitié dans notre défaite. Nous étions encore retranchés derrière cet argument, nous y défendant du moins mal qu’il nous était possible, lorsque Quentin Durward parut et battit en brèche le rempart de nos paresseuses excuses. Il fallut dès lors convenir que notre histoire avait aussi ses pages romanesques et poétiques ; et, pour comble d’humiliation, un Anglais les avait lues avant nous, et nous ne les connaissions encore que traduites d’une langue étrangère. Nous avons le défaut d’être vaniteux ; mais en échange nous avons le bonheur de ne pas être entêtés : vaincus, nous avouons franchement notre défaite, par la certitude que nous avons de rattraper quelque jour la victoire.
Notre jeunesse, que les circonstances graves de nos derniers temps avaient préparée à des études sérieuses, se mit ardemment à l’œuvre ; chacun s’enfonça dans la mine historique de nos bibliothèques, cherchant le filon qui lui paraissait le plus riche ; Buchon, Thierry, Barante, Sismondi et Guizot en revinrent avec des trésors qu’ils déposèrent généreusement sur nos places publiques, afin que chacun pût y puiser. Aussitôt la foule se précipita sur le minerai, et pendant quelques années il y eut un grand gaspillage de pourpoints, de chaperons et de poulaines ; un grand bruit d’armures, de heaumes et de dagues ; une grande confusion entre la langue d’Oil et la langue d’Oc : enfin du creuset de nos alchimistes modernes sortirent Cinq-Mars et Notre-Dame de Paris, deux lingots d’or pour un monceau de cendres.
Cependant les autres tentatives, tout incomplètes qu’elles étaient, produisirent du moins un résultat, ce fut de donner le goût de notre histoire : mauvais, médiocre ou bon, tout ce qui fut écrit sur ce sujet fut à peu près lu, on se figura que l’on connaissait aussi leurs chroniques. Chacun alors passa de la science de l’histoire générale au désir de connaître l’histoire privée : cette disposition d’esprit fut habilement remarquée par les Ouvrards littéraires : il se fit aussitôt une immense commande de mémoires inédits ; chaque époque eut son Brantôme, sa Motteville et son Saint-Simon ; tout cela se vendit jusqu’au dernier exemplaire : il n’y eut que les Mémoires de Napoléon qui s’écoulèrent difficilement : ils arrivaient après la Contemporaine.
L’école positive cria que tout cela était un grand malheur ; qu’on n’apprenait rien de réel ni de solide dans les romans historiques et avec les mémoires apocryphes ; que c’étaient des branches fausses et bâtardes qui n’appartenaient à aucun genre de littérature, et que ce qui restait de ces rapsodies dans la tête de ceux qui les avaient lues ne servait qu’à leur donner une idée inexacte des hommes et des choses, en les leur faisant envisager sous un faux point de vue ; que d’ailleurs l’intérêt dans ces sortes de productions était toujours absorbé par le personnage d’imagination, et que, par conséquent, c’était la partie romanesque qui laissait le plus de souvenirs. On leur opposa Walter Scott, qui certes a plus appris à ses compatriotes de faits historiques avec ses romans que Hume, Robertson et Lignard avec leurs histoires : ils répondirent que cela était vrai, mais que nous n’avions rien fait qui pût se comparer à ce qu’avait fait Walter Scott ; et sur ce point ils avaient raison : en conséquence, ils renvoyaient impitoyablement aux chroniques mêmes ; et sur ce point ils avaient tort. À moins d’une étude particulière de langue, que tout le monde n’a pas le temps de faire, et qui cause une fatigue que les hommes spéciaux ont seuls le courage de supporter, nos chroniques sont assez difficiles à lire depuis Villehardoin jusqu’à Joinville, c’est -à-dire depuis la fin du douzième siècle jusqu’à la fin du quatorzième.
(…)
Le lecteur se trouve, par conséquent, enfermé entre l’histoire proprement dite, qui n’est qu’une compilation ennuyeuse de dates et de faits rattachés chronologiquement les uns aux autres ; entre le roman historique, qui, à moins d’être écrit avec le génie et la science de Watler Scott, n’est qu’une lanterne magique sans lumière, sans couleur et sans portée, et enfin entre les chroniques originales, source certaine, profonde et intarissable, mais d’où l’eau sort si troublée qu’il est presque impossible à des yeux inhabiles de voir le fond à travers les flots.
(…)
La grande difficulté, selon nous, est de se garder de ces deux fautes, dont la première, nous l’avons dit, fut de maigrir le passé comme l’a fait l’histoire, et la seconde de défigurer l’histoire comme l’a fait le roman."
dimanche 17 octobre 2010
Une histoire du Japon
Après lecture d'un article sur ce blog, j'ai envie d'acheter et lire la Nouvelle histoire du Japon de Pierre-François Souyri paru en septembre chez Perrin.
Le souffle d'autrefois

Il y a quelque chose d'ironique à ce que je lise Le grand périple d'Esculape de Horia Stancu, alors que je suis quasi immobilisé par un terrible mal de dos !
Ce roman de la collection Plein Vent narre les aventures du médecin grec à travers l'Egypte, l'Afrique, le Moyen Orient et la Turquie. Car dans ce livre, Esculape est un homme, et non un dieu.
Sa lecture m'a rappelé mon enfance, lorsque j'empruntais les ouvrages de cette collection, chaque semaine, à la bibliothèque du village voisin. Mais ce roman n'est pas seulement pour les enfants et l'adulte que je suis devenu y a trouvé son compte. Esculape porte un regard désabusé sur les hommes de son temps, leur bêtise et leurs passions. Et sa quête absolu de savoir est émouvante.
Une lecture rapide (il faut dire que je ne peux presque rien faire d'autre) mais enrichissante.
mardi 20 juillet 2010
Souvenirs (3)


De passage chez un bouquiniste de ma région, perdu en pleine campagne, j'ai retrouvé trois tomes de la collection de romans historiques pour adolescents que je lisais dans mon enfance, en les empruntant à la bibiothèque municipale du village voisin du mien.
Il s'agit de la collection "Plein vent" de chez Robert Laffont, qui publia cette série entre 1966 et 1992.
J'ai ainsi récupéré "Amaury chevalier cathare"de Michel Grimaud, "Va dire à Sparte" de Roderick Milton et "Le soleil d'Olympie" de Jean Séverin. Ces livres plairont-ils à mes enfats ou à ceux de mon amie ?
samedi 10 avril 2010
Quelques achats
- Ma jeunesse par Jules Michelet, édition Gedalge
- Oeuvres de A. de Musset, Charpentier éditeur.
Les deux ouvrages sont du XIXe siècle et ornés de gravures.
- Les chemins à travers les âges en Cévennes et Bas languedoc, de Pierre A. Clément, aux Presses du Languedoc.
lundi 8 mars 2010
L'un de nous deux
J'y ai toutefois trouvé une réflexion sur la politique, la liberté individuelle ou le pouvoir. Et j'ai retenu quelques citations :
Blum : "Il pensait, au fond, comme Valéry, que l'homme seul est en mauvaise compagnie."
Mandel : "Mais non, mais non, ce n'est qu'un mot. Laissez donc Valéry au fronton du Trocadéro. L'homme seul est le plus libre au contraire, surtout quand il s'agit de dire non, à toutes fin utiles, et en prenant touus les risques."
(...)
Mandel : sombrement - En vérifiant que le désordre opprime d'abord le faible. Il l'opprime directement et il le trahit aussi en affaiblissant la République, qui ne peut le protéger que si elle est résolue.
(...)
L'ordre ! - c'est le problème avec lui : il sert à tout. Ce n'est pas une raison pour le haïr, comme vous le faites, vous et les vôtres."
(...)
Blum : "Mais c'était le système qui était responsable bien plus que ce malheureux...
Mandel : Encore ! Toujours cette abstraction, toujours cette indulgence ! Mais on y revient toujours, il n'y a pas de système sans les hommes. Pas d'effet statistique. Des individus libres et les choix de leur liberté, l'un après l'autre."
Ce petit livre m'a en tout cas donné envie d'en savoir plus sur la pensée politique de Mandel et Clemenceau.
samedi 13 février 2010
La preuve par trois

J'ai découvert et je vais bientôt lire "L'un de nous deux", une pièce de théâtre écrite par Jean-Noël Jeanneney , un historien. Ce qui est la première raison de lire la pièce, selon moi. Il y met en scène Léon Blum et Georges Mandel, détenus durant près d'un an en Allemagne, entre 1943 et 1944. Il reconstitue un possible dialogue entre ces deux hommes politiques.
J'ai découvert cette oeuvre grâce à Pierre Assouline, qui formule à cette occasion magnifiquement une réflexion que j'avais ébauché jadis dans mon mémoire d'IUFM consacré à l'utilisation de la fiction en cours d'histoire :
"(...)la fiction est souhaitable aux yeux des historiens dès lors qu’elle permet d’aller là où il ne vont pas, de dire ce qu’ils n’ont pas réussi à dire avec les moyens qui étaient les leurs, d’imaginer ce qu’ils n’avaient pas droit d’imaginer eu égard à leurs contraintes,de prolonger leur réflexion là où ils ont dû l’abandonner faute de munitions et donc d’apporter autre chose que ce que les historiens apportent à l’Histoire."
Voici donc une seconde raison de lire cette pièce. La troisième m'a été donné à la lecture des dernières lignes de Pierre Assouline :
"En la lisant, on voit et on entend la pièce. Difficile de ne pas superposer des visages et des voix. Pour ma part, j’y ai vu et entendu Claude Rich et Claude Brasseur, Talleyrand et Fouché, dans un autre souper."
Trois bonnes raisons donc de lire "L'un de nous deux".
dimanche 4 octobre 2009
La fin de l'Histoire ?
Cela dit, certains de ses propos me rappellent mes réflexions lors de la soutenance de mon mémoire d'IUFM lorsque j'avais expliqué que les élèves pouvaient tout aussi bien apprendre l'histoire à travers des fictions qu'à travers le discours savant. Il est en effet arrivé le moment où il va falloir repenser l'écriture de l'histoire si l'on veut continuer à être lu.
dimanche 18 janvier 2009
Une histoire contemporaine du pain

L’historien Steven Kaplan, spécialiste de l’histoire du pain, mène l’enquête sur un fait divers datant de 1951. En août 1951, le pain tue dans la ville de Pont-Saint-Esprit : cinq personnes meurent et plusieurs dizaines sombrent dans la folie pour trois cents intoxiqués.
L’ouvrage de Kaplan revient sur la source de l’empoisonnement et pointe les négligences de la justice de l’époque. C’est l’ergot mélangé à la farine de blé qui a été désigné comme la cause du drame. En 1951, l’Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), administration née avec le Front populaire, règne sur l’organisation de l’approvisionnement. L’ONIC devait assurer à la fois de bons tarifs aux producteurs de blé et des prix bas aux consommateurs de pain. Problème politique quasi insoluble.
Dans plusieurs départements approvisionnés, la qualité déplorable de farines à la couleur, à l’odeur et au goût douteux avait suscité des cris d’alarme. Non seulement ils ne furent pas entendus, mais l’ONIC poussa toujours à accroître la production en maximisant le taux d’extraction et en ajoutant les farines d’autres céréales. La responsabilité de l’organisme dans le drame de Pont – Saint – Esprit a été cachée par les autorités politiques de l’époque
L’historien replace les faits dans le contexte de l’après-guerre et de la peur ressuscitée de la pénurie. Le pain retrouve en effet alors (pour la dernière fois ?) son rôle d’aliment par excellence.
Après une présentation de la petite ville de Pont-Saint-Esprit (chapitre 1), S. Kaplan s’attache à décrire (chapitres 2 à 6) la filière blé-farine-pain et ses principaux acteurs : l’État, puis la meunerie et la boulangerie. Il relate ensuite le drame avec un portrait du boulanger et par l’étude des malades et de la maladie (chapitres 7 et 8), puis par l’enquête de police (chapitres 9 et 10). Puis vient le temps des batailles d’experts et de la recherche des causes (chapitres 11 à 14) : ergot de seigle, LSD ou pollution au mercure (hypothèses privilégiées par les enquêteurs et la justice), mais aussi processus de blanchiment artificiel du pain, la pollution des eaux, des champignons. Enfin S. Kaplan s’intéresse aux suites judiciaires de l’affaire (chapitres 15 et 16), en particulier à travers l’organisation des victimes et la défense des accusés, et à ses conséquences sur les stratégies de la meunerie et de la boulangerie (chapitres 17 et 18).
Steven L. Kaplan, Le Pain maudit. Retour sur la France des années oubliées, 1945-1958, Fayard, Paris, 2008, 1 136 pages.
Cela fait longtemps que je n'ai pas lu une analyse historique (depuis le Paris de Baldwin) et celle-ci me tente bien, bien qu'il s'agisse d'histoire contemporaine.
mardi 25 novembre 2008
La société n'est pas un choix ?
"L'homme est fait pour vire en société. C'est ce que disent les philosophes : "l'homme est politique par nature. "Ce qui signifie qu'il ne peut se passer d'organisation sociale - ce que les philosophes appellent "cité", en termes techniques".
(...) "L'homme(seul) ne peut subvenir à ses besoins. Même le minimum vital - une ration journalière de blé par exemple - requiert mouture, pétrissage et cuisson : c'est - à - dire le concours d'ustensiles et d'outils et, par suite, celui de trois corps de métier."
(...)"Il lui faut donc faire appel à un grand nombre de ses semblables. Les besoins d'une collectivité ne peuvent être satisfaits que par la coopération.
Il en est de même pour la défense : chacun a besoin de l'aide d'autrui.(...) L'agressivité est dans la nature des êtres vivants. Dieu a donné, à chacun d'eux, un organe défensif. A l'homme, il a donné la pensée et la main".
(...)"La vie sociale est donc indispensable à l'humanité. Sans elle, les hommes ne pourraient assurer complètement leur existence (...)".
J'aime cette idée d'une société bâtie sur la nécessité. Je trouve l'image des hommes, animaux de proie, obligés de cohabiter plutôt séduisante et réaliste.
lundi 24 novembre 2008
Une définition qui n'a pas pris de ride
"Les ignorants peuvent aussi bien la comprendre que les gens instruits. En effet, l'histoire n'est, en apparence, que le récit des évènements politiques des dynasties et des circonstances du lointain passé, présenté avec élégance et relevé par des citations. Elle permet de distraire de vastes publics et de nous faire une idée des affaires humaines.(...)Cependant, vue de l'intérieur, l'histoire a un autre sens. Elle consiste à méditer, à s'efforcer d'accéder à la vérité, à expliquer avec finesse les causes et les origines des faits, à connaitre à fond le pourquoi et le comment des évènements. L'histoire prend donc racine dans la philosophie, dont elle doit être comptée comme une des branches."
Le plus extraordinaire, pour moi, est que cette définition a été donnée vers 1377, à la même époque que furent rédigée les Chroniques de Froissart, certes intéressantes, mais pas aussi riches que ce texte.
mardi 30 octobre 2007
Une édition très limitée !
Le département des archives secrètes du Vatican s'apprête à publier un livre sur le procès des Templiers au début du XIVe siècle, en collaboration avec la société Scrinium, affirme le site internet de cette société liée au Vatican.
Le « Processus contro Templarios », sera l'édition exclusive, inédite et dans leur intégralité des actes du procès contre les Chevaliers du Temple. L'édition sera vraisemblablement limitée à 799 exemplaires.
En 1307, le roi de France Philippe IV le Bel avait ordonné l'arrestation et le jugement des Templiers, un ordre jugé trop puissant.
dimanche 13 mai 2007
Puisqu'on reparle d'Hubert Védrine....
Je vous conseille de lire ceci.
Hubert Védrine, proche collaborateur de François Mitterrand pendant quatorze ans, conseiller diplomatique, porte-parole puis secrétaire général de l'Élysée, raconte et explique de l'intérieur comment le quatrième Président de la Ve République a affronté et traversé, durant ses deux septennats, les événements des années 1981-1995.
Il fait revivre la bataille des euromissiles, la « guerre des étoiles », le terrorisme, le conflit du Golfe, la réunification allemande, la paix au Proche-Orient, le drame yougoslave, et d’autres chapitres de cette histoire.
Et, surtout, le passage d'un monde à l'autre, de la compétition Est/Ouest à l'effondrement de l'URSS et au triomphe de l'économie globale de marché.
Dans les pas de Hubert Védrine, témoin de premier plan ou acteur, on suit la réflexion et la confrontation des grands décideurs de notre époque, on comprend le cheminement de leur pensée, leurs dilemmes, leurs oppositions, leurs convergences. On voit fonctionner les lieux et modes de pouvoir : sommets des Sept, conseils européens, déplacements présidentiels, conseils des ministres, conseils de défense, rencontres en tête-à-tête... On voit progresser l'interdépendance entre les États et les économies, le poids des médias.
Livre de référence passionnant, précis, documenté, rigoureux, l'ouvrage de Hubert Védrine est la chronique politique et diplomatique d'une décennie et demie qui a vu basculer dans le passé le monde issu de 1945 et commencer celui où nous vivons aujourd'hui.
Pour ma part, je vais pour l’occasion lire « la suite » :
mardi 6 février 2007
J'ai craqué !
Quand je ne vais pas trop bien, j’achète des livres…..
Voici le résultat de ma « descente » à l’Armitière cet après – midi !!
- Dans le scriptorium (Actes Sud) : le dernier roman de Paul Auster. Première impression : il n’est pas bien épais (147 pages). Un homme sans mémoire se réveille dans une chambre sans issue pour lui, mais qui laissera entrer des visiteurs qui semblent le connaître. Sur un bureau, sont soigneusement disposés une série de photographies en noir et blanc, deux manuscrits et un stylo. Intriguant et probablement excellent… Ceci dit, je suis un inconditionnel de Paul Auster.
- Les caractères originaux de l’histoire rurale française (Pocket) : un classique de l’histoire par un maître, Marc Bloch. Ce livre de 1931 reste une référence dans son domaine et l’écriture est d’une limpidité qui fait des envieux.
- Derniers rappels (Rackham) : un roman graphique du même dessinateur que De mal en pis. Une chronique qui suit le parcours de plusieurs américains de nos jours. Une star de la pop, un homme qui n’ose pas avouer à sa femme qu’il a été licencié, une jeune fille qui tente de retrouver son père…
- Les contes du 7ème souffle (Vent d’Ouest) : une relecture des grands contes comme Blanche – Neige, Barbe – Bleue et quelques autres. Cela se passe dans le Japon de l’ère Edo. On suit les aventure d’un samouraï en quête de paix intérieur. Il s’agit de l’intégral des 4 tomes réunis en un seul volume. Le dessin est passé en noir & blanc pour l’occasion, ce que je préfère.
- Les cours au Collège de France de Michelet (Gallimard) : cela fait longtemps que je veux me les acheter (depuis leur sortie en 1995, en fait). Michelet est-il vraiment un historien ? En tout cas, son style et ses idées me séduisent.
- Cours de littérature anglaise par Borges (Seuil) : en réalité, un livre écrit à partir des notes de cours de ses étudiants. L’idée m’a paru intéressante et l’idée de suivre un cours de Borges a fait le reste !
- Chez Borges (Babel) : un livre dans lequel Alberto Manguel raconte les visites qu’il a faites à Borges afin de lui faire la lecture.
Ah, oui, j’ai aussi commandé le livre sur les enfants au XIXe pour les TPE de mes chères Premières ES2. Il devrait arriver en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.
vendredi 15 décembre 2006
Fiche :
Auteur : John W. Baldwin
Editeur : Aubier
Date : 24/02/2006
Genre : essai historique
Résumé :
C'est sous le règne de Philippe Auguste que naît la ville-capitale. Nommant baillis et prévôts, administrant un authentique budget, le roi façonne aussi le visage de Paris : en 1100, la construction de Notre-Dame est à demi achevée, les rues et les places de l'île de la cité sont pavées, et des murs d'enceinte se dressent autour de la rive gauche. La population - quelque 50.000 habitants - est aussi dense qu'elle est mélangée : prostituées et clercs vivent parfois dans la même maison, les unes au rez-de-chaussée, les autres à l'étage. Pour ressusciter cette ville dont le Paris d'aujourd'hui conserve des traces, John Baldwin s'est fixé une règle : n'exploiter que des sources comprises entre 1190 et 1210.
Critique :
L'idée est originale et audacieuse, mais ne m'a pas convaincue. Certaines pages ont déjà été largement écrites (je pense aux problèmes liés au second mariage de Philippe Auguste..). Par contre, j'ai trouvé le passage sur le crédit et son acceptaton par l'Eglise très clair et intéressant. L'ensemble reste trop allusif. Ceci étant, cet ouvrage est accessible au plus grand nombre.
Fiche :
Auteur : Alberto Manguel
Editeur : Actes Sud
Date : 27/09/2006
Genre : essai littéraire
Résumé :
Une réflexion lumineuse sur ce qui pousse les hommes a accumulé les livres ainsi que sur leur façon d'agencer les bibliothèques. L'auteur nous fait passer d'un lieu à l'autre (sa bibliothèque, celle d'Alexandrie..) et d'une époque à une autre. Ce livre est un régal et j'ai du mal à le refermer.... Je vous en dirais plus lorsque je l'aurais terminé.




