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mardi 26 juillet 2016

Déception


J'ai éprouvé finalement une petite déception à la lecture de L'amour conjugal de Moravia. Je n'ai pas ressenti le choc de la lecture du court passage que j'évoquais précédemment. Il y a tout de même de belles pages, comme cette description de la femme aimée, en ouverture du roman.
« Aimer, cela veut dire, entre bien d’autres choses, trouver du charme à regarder et à considérer la personne aimée. Et trouver du charme non seulement à la contemplation de sa beauté mais encore de ses défauts, qu’ils soient rares ou non. Dès les premiers jours de mon mariage, j’éprouvai un inexprimable plaisir à regarder Léda ( c’est ainsi qu’elle se nomme ), à épier son visage et toute sa personne dans ses moindres mouvements et ses plus fugitives expressions. 
Ma femme, quand je l’épousai, avait à peine plus de trente ans. ( Depuis et après avoir mis au monde trois enfants, quelques-uns de ses traits ont, je ne dirai pas changé, mais se sont en partie modifiés. ) D’assez haute stature quoique vraiment pas très grande, elle était belle, avec un corps et un visage assez loin de la perfection. Sa figure longue et mince avait cet air fuyant, égaré, presque impénétrable qu’ont parfois les déesses classiques dans quelques médiocres tableaux anciens dont la peinture incertaine est rendue plus hésitante encore par la patine du temps. Cet air singulier, cette beauté insaisissable qui, tel un reflet de soleil sur un mur, ou l’ombre d’un nuage au-dessus de la mer, pouvait à chaque instant s’effacer, lui venait sans doute de ses cheveux d’un blond métallique, toujours un peu défaits, dont les longues mèches évoquaient l’envol de la peur, la fuite, envol aussi de ses yeux bleus, immenses, légèrement obliques, avec leur pupille dilatée dont le regard humble et flottant suggérait, comme la chevelure, un état d’âme craintif et fuyant. 
Elle avait le nez long, droit et noble et une grande bouche rouge dont la lèvre inférieure ourlait largement un menton trop petit et dont la ligne extrêmement sinueuse évoquait une sensualité lourde et sombre. C’était un visage irrégulier et cependant très beau, d’une beauté comme je l’ai dit, insaisissable qui, dans certains moments et certaines circonstances – on le verra plus loin – devenait évanescent. 
Il en était de même de son corps. Elle avait le buste maigre et délicat d’une jeune fille au contraire, la solidité, la force, l’épanouissement des hanches, du ventre et des jambes dénotaient une vigueur musclée et provocante. Mais cette disproportion, comme celle du visage, disparaissait sous la grâce d’une beauté qui, comme un air familier et impalpable ou une lumière mystérieusement transfigurante, l’environnait de la tête aux pieds d’un halo de perfection. C’est étrange à dire, mais parfois, en la regardant, il m’arrivait de penser à elle comme à une personne de traits et de formes classiques, sans défauts, toute harmonie, sérénité, symétrie. Au point que cette beauté, disons spirituelle, faute d’une autre appellation, m’exaltait et m’enchantait.»

lundi 25 juillet 2016

Un choc littéraire... A confirmer.

"Je pouvais maintenant la voir grimper la pente du coteau, vers l'aire sur laquelle surgissait la masse arrondie des meules. Elle s'agrippait aux buissons, penchée en avant, glissant et trébuchant, et dans son visage tendu et avide, aux yeux dilatés, dans les gestes de son corps, je reconnus de nouveau sa ressemblance avec une chèvre qui grimpe pour brouter. Et puis, comme elle arrivait en haut de la montée, une silhouette d'homme sortit de l'ombre, se pencha, la prit par le bras et la tira presque de tout son poids. En voulant lui rendre l’équilibre, l’homme virevolta et je reconnus Antonio. Cette fois, je compris tout et je fus saisi en même temps d’un grand froid et d’une grande stupeur de n’avoir pas compris plus tôt. » 
Cette citation est extraite d'un court roman d'Alberto Moravia, L'amour conjugal. Je n'ai pas encore lu ce livre, mais ce passage découvert au hasard d'Internet m'a parlé tout de suite. Je veux voir si le texte entier me fait la même forte impression

mardi 9 février 2016

Des histoires qui s'achèvent




Juliette Benzoni, auteur de romans historiques, est morte ce week-end. Née en 1920, elle commença dans l'écriture comme journaliste (notamment pour la revue Historia) avant de se lancer dans le roman historique au début des années 1960 avec la série des Catherine, une saga composée de six romans se déroulant durant la Guerre de Cent ans.
Elle poursuivra dans cette veine avec plus de 80 romans se déroulant principalement au temps de la Renaissance italienne, des croisades, ou de la guerre de Cent Ans. Si ses romans mêlaient les histoires d’amour à la grande histoire, très rigoureuse, la romancière s’appuyait sur des recherches historiques poussées pour écrire ses intrigues.
Traduite dans une vingtaine de langues, Juliette Benzoni a vendu plus de 300 millions de livres. Plusieurs de ces romans ont été adaptés pour la télé ou le cinéma.
J'ai découvert cet auteur par ma grand-mère et madame Benzoni a su plusieurs fois me transporter par ses livres dans ces époques que j'ai étudiées par la suite.

mardi 4 août 2015

Le roman comme exploration

Voici ce qu'écrit Jacques Abeille à propos de son oeuvre Les jardins statuaires dans la postface des Mers perdues, écrit en collaboration avec François Schuiten.

"Il y a une quinzaine d'année, passant sur une route de campagne, je vis un paysan qui grattait la terre et je me représentai tout à coup un monde où poussaient non des courges mais des statues. Je garde le souvenir de l'éclatante blancheur du marbre en moi vibrant. En ce moment me fut donné une manière de conte philosophique, une métaphore de la création artistique avec son avers de soins patients à une croissance que tout menace, et son revers, le bourgeonnement fou et la mort du créateur écrasé sous son oeuvre.
Je menais une vie sans loisir et des années passèrent sans me laisser l'occasion de tracer la plus modeste ébauche. Puis j'étais dans une chambre d'hôtel et je voyais ma vie que je rompais en faveur de l'avenir. J'étais seul et des pensées me menaçaient. Je pris un cahier et me mis à écrire ce conte dont l'idée me revenait dans mon désoeuvrement. Je croyais en faire le tour en quelques pages. Ma minutie m'entraîna, et enfin un obscur désir de réalité. Je ne veux pas dire qu'il m'importait de rendre vraisemblables des fantaisies, mais qu'il y avait dans le monde que je découvrais trop de richesse pour qu'il consente à la fade transparence d'une allégorie; je cessai de vouloir ce que j'écrivais et laissai surgir des incongruités. Ainsi ce qui devait n'être que le divertissement d'un moment, fut le rêve de quelques mois. Le plus étrange était que cette chose exigeait son temps propre et retardait sa clôture. Par exemple, si des filles hantent cette narration, c'est que deux enfants, Laurence et Stéphanie, vinrent jouer autour de la maison où j'écrivais, leurs rires montaient jusqu'à ma fenêtre; le roman happa ce reste diurne et s'en nourrit. Je cru avoir écris l'oeuvre d'un fou; l'ayant laissé quelques temps, je m'étonne d'une cohérence inattendue. C'est ainsi. Ecrivant, il arrive que l'on franchisse par mégarde une indécise et insoupçonnée frontière; ce dont on se croyait maître se met à exister de son propre poids et, tandis que l'auteur bascule dans une moindre existence, se dresse un être de parole que son élan porte au dehors. La publication est moins une ambition qu'un geste de bonne foi. Il me semble."

Ces propos me semblent parfaitement convenir à son oeuvre, ainsi qu'à celle de Tolkien et de Gracq. L'idée d'un univers découvert et révélé par l'écrivain, l'envahissant pour le dépasser progressivement me paraît juste en ce qui les concerne. Je crois que cela marche moins pour l'oeuvre de Borges, que je trouve plus maîtrisée, canalisée.

samedi 3 janvier 2015

Un nouveau Gracq !


J'ai acheté ce matin Les Terres du Couchant, un roman posthume de Julien Gracq qu'il avait commencé en 1953 mais interrompu pour écrire Un Balcon en forêt. Insatisfait de sa forme, il avait ensuite laissé de côté son manuscrit, enfermé dans une malle.
On peut évidemment s'interroger sur le bien fondé de publier une oeuvre inachevée d'un auteur tel que Julien Gracq, si méticuleux concernant ses écrits ; mais je dois avouer que la perspective de lire encore "un Gracq" me ravit.
L'action se déroule dans un autrefois mythique et médiéval, quelque part dans un Royaume constitué d’une capitale nommée Bréga-Vieil et d’un poste frontière fortifié dont les habitants attendent l’assaut de barbares. Le narrateur, un employé au cadastre, avec quelques compagnons de route, quitte sa terre pour cet espace en marge, inconnu, dépourvu de bornes, noyé dans un certain brouillard. Il prend la route, qui est le véritable objet de la première partie du roman.
Cette histoire n'est pas sans rappeler celle du Rivage des Syrtes, paru en 1951 ou bien La Route, récit inclue dans le recueil La Presqu'île paru en 1995.

Julien Gracq a laissé derrière lui 29 cahiers qu'il avait intitulés Notules, et qui contiennent des milliers de pages jamais publiées. Dans son testament, il avait précisé que ces cahiers ne pourraient être exploités (sauf par les chercheurs) que vingt ans après sa mort. Il faudra donc attendre 2027 pour lire d'autres oeuvres de Gracq, à moins que d'autres malles ne recèlent des trésors ! 

mercredi 27 août 2014

Comment me mettre les nerfs en 140 pages


J’exagère. Il m’a fallu moins de 140 pages. Le comble, c’est que « Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne… » cherche à indiquer la voie de la sérénité ou de la sagesse, je ne sais pas trop.

Ce court roman d’Antoine Paje, édité chez Pocket, a plutôt de bonnes critiques, ici. Alors pourquoi n’ai-je pas du tout aimé ?

Ce roman laisse le narrateur se raconter, d’une façon parfois dérangeante : Paul est un homme égoïste et superficiel. Il réussit professionnellement, dans le sens où il a suffisamment d’argent pour pouvoir afficher des signes extérieurs de richesse. Il se présente comme incapable de ressentir quoi que ce soit de profond ou de tourné vers l’autre. C’est en cela que dès le début une impression de malaise m’a saisie : le narrateur passe son temps à nous dire : « regardez comme j’étais nul, oh le pauvre gars, qui n’a rien compris à la vie ; mais vous allez voir comme j’ai réussi à accéder à la sérénité, au vrai, au beau, comme maintenant je suis heureux, comme je me suis réalisé, comme le gros beauf s’est transformé en magnifique papillon qui cite des proverbes japonais et des extraits d’évangiles … »


Or, trop, c’est trop. Ici, le trop arrive très tôt dans le roman. J’ai pu observer chez mes enfants que lorsqu’ils disent trop quelque chose, c’est qu’ils pensent le contraire. C’est la même chose dans ce roman, selon moi : je n’ai pas pu y croire une seconde. Le narrateur n’a rien compris de particulier, n’a même pas vraiment changé entre le début et la fin. Il s’est juste inventé un nouveau costume, un nouveau rôle. C’est la méthode coué. Mais cela manque vraiment de pudeur, du coup. Et l’ensemble transpire la vanité :

« Surtout, comment pouvais-je lui dire qu’il n’était plus mon meilleur ami ? Je suis devenu mon meilleur ami. J’ai vécu si longtemps à côté de moi-même, sans doute parce que j’avais peur de ce que j’allais découvrir, avant de me rencontrer moi-même et d’aimer ce que j’étais devenu ».


Un autre hic : je n’ai pas aimé l’écriture. A chaque phrase se terminant par « grave », ma patience en a pris un coup. Exemple page 26 : « Euh, en fait… je peux dire que je m’emmerde grave.» S’ensuit un dialogue manquant considérablement d’authenticité. Grave, genre.

Enfin, les références « culturelles » picotent : Star Wars, le Japonais et sa brouette de sagesse, les grains de sable et les graviers, tout ça. Non, vraiment, l’intention de l’auteur est visiblement louable, le quatrième de couverture attirant, et j’aurais aimé aimer. Mais non.

Tout de même et pour finir sur une note positive, j’ai ri en lisant la page 96. C’est très rare, qu’un livre me fasse rire. Etait-ce l’effet du désarroi ? Je cite :

« Alors que nous parlions de choses et d’autres, redevenus étrangers dès notre station de bipèdes verticaux retrouvée, j’attrapai une des fraises du saladier en m’entendant dire :
- Un jour, j’aimerais bien faire un saut au Japon, au moment de la célébration du hanami, voir la floraison des sakura, les fleurs de cerisier, le culte du précieux éphémère.
- Hum… Je préfère les fraises. C’est chiant, les cerises, avec tous ces noyaux. 
Interdit, je ne répondis rien, songeant qu’il s’agissait de la réflexion la plus conne que j’ai jamais entendue. »

samedi 9 février 2013

Les soixante ans du Livre de poche


Les éditions Hachette lançaient leur collection de livre de poche le 9 février 1953. L'un des premiers livres édités sous ce format fut le roman Koenigsmark de Pierre Benoît.
Pour en savoir plus sur cette collection qui fait partie de notre vie quotidienne, voici le lien vers le dossier de presse consacré à cet anniversaire.




J'ai retrouvé le roman de Pierre Benoît dans notre bibliothèque. Il ne s'agit pas de l'édition de 1953, mais, hasard, d'une réédition de 1963. Mais j'ai eu une autre surprise en ouvrant ce livre. Il a appartenu à ma mère qui l'a obtenu en prix en 1964 alors qu'elle était en classe de troisième. Je l'avais oublié.


Heureuse époque où l'on récompensait le travail scolaire avec des livres. J'ai connu moi-même ces distributions des prix en école primaire. Si le principe du classement est contestable (encore que je n'en suis plus si convaincu), le fait d'offrir des livres me semble important.

lundi 26 décembre 2011

Romans et cinéma





Cette période de fin d'année a été l'occasion pour nous de voir trois films adaptés de romans : La couleur des sentiments, La délicatesse et Des vents contraires. Les deux premiers m'ont beaucoup plu et m'ont donné envie de lire les livres. Le dernier m'a un peu déçu, par contre, en allant dans la surenchère dramatique et il est peu probable que je lise le roman alors même qu'il m'avait attiré lors de sa publication.

vendredi 1 juillet 2011

Un roman archéologique



Ce petit roman est passionnant. Écrit sous la forme d'un journal quotidien, il parle de l'archéologie, de notre rapport aux temps et à l'histoire (la préhistoire ici, en fait). Même les poèmes émaillants le texte, rédigés comme des Haïkus, participent à la réflexion.

"Quand meurt un homme ? Est-ce quand son bras retombe, lorsque son coeur cesse de battre, quand la chaleur enfin délaisse son corps ? Où est-ce plutôt quand celui-ci disparait sous la terre ?- mais "notre" dépouille vient au contraire d'en resurgir ! Est-ce enfin lorsque ses restes ont fini de se dissoudre, que sa sépulture s'est effacée, que son souvenir s'est retranché de la mémoire des vivants ? Mais voici les restes de "notre" défunt pourtant - voici sa tombe retrouvée - et nous voici, comme venus apporter la preuve du contraire !"

jeudi 30 juin 2011

Les insurrections singulières

C'est un roman de Jeanne Benameur paru récemment chez Actes Sud.
Il se lit assez vite, d'autant qu'il m'a "accrochée" rapidement. Un homme, approchant de la quarantaine, prend du recul sur sa vie lorsque son couple se brise. Il cherche. L'origine de sa rage, ce qui lui manque, en quoi il a été un imposteur, ses racines. Est-il victime, coupable? Qui est-il en fait?
La première partie m'a vraiment beaucoup plu, émue aussi. La seconde, qui correspond à un grand voyage entrepris par le personnage principal, m'a moins convaincue: elle est plus prévisible, plus superficielle, m'a-t-il semblé, alors que le début était par moment si profond. J'aurais aimé que la partie introspection, descente au fond de soi, dure un peu plus. Ou que la suite demeure aussi intense, presque violente de vie.
C'est toutefois un livre qui me marquera. J'y ai retrouvé des émotions, des réflexions qui m'ont fait me sentir "semblable et singulière", comme l'écrit Jeanne Benameur.

mercredi 4 mai 2011

Un balcon en forêt

Lire Un balcon en forêt après les manuscrits de guerre de Gracq est éclairant. On mesure combien l'expérience de la guerre du Lieutenant Poirier a enrichi la fiction mettant en scène l'aspirant Grange. Certains passage du journal de guerre sont purement repris dans le roman, comme l'épisode du fuyard dont la maison a été détruit par des "canons - revolvers" et les Knackebrot de seigle qualifiés de "nourriture triste" dans les deux textes.
Le roman recèle aussi de magnifiques descriptions de paysage, montrant l'oeil exercé du géographe de la génération des Vidal de la Blache ou des De Martonne. "Le train , qui suivait la rivière lente,s'était enfoncé d'abord entre de médiocres épaulements de collines couverts de fougères et d'ajonc." Lire le Gracq géographe me fait l'effet de me retrouver en hypokhâgne, lorsque je passais des heures sur les cartes topographiques et les coupes géomorphologiques, à essayer d'expliquer le paysage français.
Je n'arrivais plus à lire, et voilà qu'en quelques jours, j'ai lu deux livres de Julien Gracq. Il est décidément devenu mon auteur préféré !

samedi 19 février 2011

Je n'aime pas la barbe à papa.

La barbe à papa, ça colle, c'est rose, écœurant et je n'aime pas cela. La seule chose que j'aime, avec la barbe à papa, c'est lorsqu'il pleut: les gouttes de pluie, en tombant sur le sucre filé, recondensent la matière, et elle retrouve sa couleur rose foncé initiale en se recroquevillant sur elle-même.

De la barbe à papa un jour de pluie, de Bi Feiyu, est un court roman. Il ne colle pas, n'est ni rose ni écoeurant, et je ne pense pas que le livre se condense lorsqu'il est touché par la pluie, mais je n'ai pas aimé non plus.

Le roman raconte la vie d'un jeune homme, Hongdou, au travers des yeux d'un de ses amis. Hongdou est un garçon sensible, doué pour jouer de l'erhu et composer des mélodies bouleversantes. Mais sa vie bascule lorsqu'il revient du front sino-vietnamien. Il dérive, s'isole, perd pied. L'amitié du narrateur, l'attention de sa sœur n'y font rien: Hongdou meurt, lentement, douloureusement.

La déchéance du jeune homme est décrite avec subtilité et humanité. La société, les coutumes, les interdits décrits sont typiquement asiatiques et en cela ce livre est un témoignage très intéressant. Mais il m'a laissé un goût désagréable.
D'abord, on nous dépeint Hongdou comme une créature efféminée et étrange. Je n'ai pas réussi à faire prendre vie au personnage, à le voir comme l'auteur nous le présente. Le regard porté sur lui ne m'a pas semblé correspondre à ses comportement. Je n'ai pas pu me le représenter, il n'a pas existé suffisamment dans mon imaginaire. J'ai eu le sentiment curieux qu'on essayait de le faire passer pour quelqu'un d'autre que ce qu'il était.
Le fossé culturel m'a sans doute gênée: je n'ai pas non plus réussi à comprendre les réactions, les motivations des personnages. Son ami, par exemple, agit de façon contradictoire, à mon sens, et sa sincérité ne m'est pas évidente. Ce mélange d'individualisme et d'altruisme m'a perdue, je crois.
Enfin, je regrette que la relation de Hongdou avec son père n'ait pas été plus fouillée: elle m'a semblé complexe et cruciale, mais traitée de façon assez superficielle.

Cela étant, pourquoi ce livre me laisse-t-il une impression de gêne? Pourquoi me suis-je empressée de le chasser de mon esprit?
Je l'ignore.

dimanche 5 décembre 2010

L'institut de remise à l'heure des montres et des pendules

L'achat de ce livre a déjà été une expérience amusante car le libraire a cru à une plaisanterie de mon amie lorsqu'elle a passé commande pour moi, tant il est vrai que le titre du roman et le nom de l'auteur semble "inventés"...
La lecture n'en est pas aisée, le style exubérant aux phrases complexes nécessitant de s'accrocher au texte. Hayri Irdal, le héros, me semble un frère de Mangeclous et le récit de la création de l'Institut de remise à l'heure des montres et des pendules rappelle les tribulations des Valeureux face à la SDN. Tanpinar en profite pour dresser une galerie de personnages exentriques et savoureux : Halit le Régulateur, le docteur Ramiz, Abdüsselam Bey, Nouri Efendi l'Horloger et beaucoup d'autres.

Amateur de montres mécaniques, je ne suis pas resté insensible au sujet - prétexte du roman : la nécessité d'avoir des montres et pendules bien à l'heure pour ne pas perdre de temps qui aboutit à la création d'un institut semi-officiel chargé de mettre à l'amende les possesseurs de montres et d'horloges en retard ! Cette idée amusante est l'occasion de quelques magnifiques pages sur les montres ou le temps :

" Le bruit de la montre était pour eux semblable au murmure de l'eau dans la fontaine aux ablutions de la mosquée, c'était presque le son de l'éternité pour leur monde intérieur. Elle avait un bruit bien à elle et des qualités particulières qui se déployaient des côtés de la vie. D'une part, elle déterminait notre présence aujourd'hui ainsi que nos devoirs tandis que de l'autre elle proposait la félicité éternelle à laquelle nous aspirons toujours, ses chemins immaculés".

"C'était pourtant une belle pièce. Elle avait un rythme bien à elle, ne s'occupant de personne, folâtrant comme un cheval de somme ayant faussé compagnie à son attelage, perdue dans ses pensées. Selon quel calendrier avançait-elle, quelle année poursuivait-elle, qu'attendait-elle des jours entiers et puis soudain quel évènement secret et important annonçait-elle de sa voix lente, sourde, occupant tout l'espace ? Nous n'en avions aucune idée. Car cette horloge indépendante n'admettait ni réglage ni réparation"

"En fait il ne faisait pas de différence entre l'homme et la montre. Souvent il disait : "le Tout - Puissant a créé l'homme à son image ; et l'homme a inventé la montre afin quelle lui ressemble..." Et il approfondissait parfois en ces termes : "la montre elle-même est espace, sa marche est le temps et son réglage est l'homme... Ce qui prouve encore que le temps et l'espace coexistent en l'homme ! ""

" Songez, Hayri Irdal, songez mon bon ami, à ce qu'impliquent ces paroles ! Cela revient à dire qu'une horloge bien réglée n'avance pas même d'une minute. Et pourtant, que faisons - nous ? Que fait l'ensemble de la ville et le pays tout entier ? Nous perdons la moitié du temps avec de pendules déréglées. Si chacun quotidiennement perdait une minute par heure, alors nous perdrions dix-sept millions de minutes à l'heure. Si nous considérons que la partie vraiment utile de la journée est constituée de dix heures, cela fait cent quatre - vingt millions de secondes. Autant dire trois millions de minutes par jour et nous perdons ainsi cinquante mille heures par jour. (...) Une déperdition à vous rendre fou... Une perte de temps dans nos travaux, nos vie et notre vie économique.Tu comprends mieux maintenant la grandeur de Nouri Efendi, son génie ? C'est grâce à lui que nous dépasserons cette perte. Et c'est là que réside l'aspect vraiment utile de notre institution..."


Je n'ai pas terminé ce roman encore, mais je voulais en parler déjà.

jeudi 2 décembre 2010

Manchette ou Rio ?

En lisant "La position du tireur couchée" de Jean - patrick Manchette, j'ai un moment eu un sentiment de déjà vu... L'histoire de ce tueur à gage voulant décrocher et dont l'amour pour une femme va entrainer sa perte m'a rappelé "Faux pas" de Michel Rio.
Dans les deux cas, l'intrigue est simplicime et le propos assez sombre. Mais Rio a écrit un roman intemporel dont l'objet est de rendre compte des état d'âme d'un monstre social tandis que Manchette place son action dans les années 70, en pleine guerre froide.Je n'ai pas adhéré au soubassement géopolitique de l'intrigue de Manchette et je trouve qu'elle nuit au roman.
Christian, le héros de Manchette, subit les évènements tandis que "l'inconnu" de Rio mène le jeu. C'est que Manchette a signé un roman qui réfléchit sur la société tandis que Rio analyse l'individu.
Et puis la fin... la fin du livre de Manchette m'a paru ridicule, avec cette répétition générationnelle tandis que la fin du livre de Rio est simple et semble s'imposer de soi.

mercredi 27 octobre 2010

Un très beau texte sur l'histoire et le roman historique

C'est tiré de l'Avant-propos de Gaule & France d’Alexandre Dumas, publié en 1833.

"L’histoire de France, grâce à messieurs Mézeray, Vély, et Anquetil, a acquis une telle réputation d’ennui, qu’elle en peut disputer le prix avec avantage à toutes les histoires du monde connu : aussi le roman historique fut-il chose complètement étrangère à notre littérature jusqu’au moment où nous arrivèrent les chefs-d’œuvre de Walter Scott. Je dis étrangère, car je ne présume pas que l’on prenne sérieusement pour romans historiques le Siège de la Rochelle, de madame de Genlis, et Mathilde, ou les Croisades, de madame de Cottin. Jusqu’à cette époque nous ne connaissions donc réellement que le roman pastoral, le roman de mœurs, le roman d’alcôve, le roman de chevalerie, le roman de passion, et le roman sentimental. L’Astrée, Gil Blas, le Sofa, le petit Jehan de Saintré, Manon Lescaut, et Amélie Mansfield, furent les chefs-d’œuvre de chacun de ces genres.
Il en advint que notre étonnement fut grand en France lorsque, après avoir lu Ivanhoe, le Château de Kenilworth, Richard en Palestine, nous fûmes forcés de reconnaître la supériorité de ces romans sur les nôtres. C’est que Walter Scott aux qualités instinctives de ses prédécesseurs joignait les connaissances acquises, à l’étude du coeur des hommes la science de l’histoire des peuples ; c’est que, doué d’une curiosité archéologique, d’un coup d’œil exact, d’une puissance vivifiante, son génie résurrectionnel évoque toute une époque, avec ses moeurs, ses intérêts, ses passions, depuis Gurth le gardien de pourceaux jusqu’à Richard le chevalier noir, depuis Michaël Lambourn le spadassin, jusqu’à Elisabeth la reine régicide, depuis le chevalier de Léopard jusqu’à Sallah-Eddin le royal médecin : c’est que sous sa plume enfin, hommes et choses reprennent vie et place à la date où ils ont existé, que le lecteur se trouve insensiblement transporté au milieu d’un monde complet, dans toutes les harmonies de son échelle sociale, et qu’il se demande s’il n’est pas descendu par quelque escalier magique dans un de ces univers souterrains comme on en trouve dans les Mille et une Nuits.

Mais nous ne nous rendîmes point ainsi tout d’abord, et nous crûmes longtemps que cet intérêt inconnu que nous trouvions dans les romans de Walter Scott tenait à ce que l’histoire d’Angleterre offrait par ses évènements plus de variétés que la nôtre. Nous préférions attribuer la supériorité que nous ne pouvions nier à l’enchaînement des choses, plutôt qu’au génie de l’homme. Cela consolait notre amour-propre, et mettait Dieu de moitié dans notre défaite. Nous étions encore retranchés derrière cet argument, nous y défendant du moins mal qu’il nous était possible, lorsque Quentin Durward parut et battit en brèche le rempart de nos paresseuses excuses. Il fallut dès lors convenir que notre histoire avait aussi ses pages romanesques et poétiques ; et, pour comble d’humiliation, un Anglais les avait lues avant nous, et nous ne les connaissions encore que traduites d’une langue étrangère. Nous avons le défaut d’être vaniteux ; mais en échange nous avons le bonheur de ne pas être entêtés : vaincus, nous avouons franchement notre défaite, par la certitude que nous avons de rattraper quelque jour la victoire.

Notre jeunesse, que les circonstances graves de nos derniers temps avaient préparée à des études sérieuses, se mit ardemment à l’œuvre ; chacun s’enfonça dans la mine historique de nos bibliothèques, cherchant le filon qui lui paraissait le plus riche ; Buchon, Thierry, Barante, Sismondi et Guizot en revinrent avec des trésors qu’ils déposèrent généreusement sur nos places publiques, afin que chacun pût y puiser. Aussitôt la foule se précipita sur le minerai, et pendant quelques années il y eut un grand gaspillage de pourpoints, de chaperons et de poulaines ; un grand bruit d’armures, de heaumes et de dagues ; une grande confusion entre la langue d’Oil et la langue d’Oc : enfin du creuset de nos alchimistes modernes sortirent Cinq-Mars et Notre-Dame de Paris, deux lingots d’or pour un monceau de cendres.
Cependant les autres tentatives, tout incomplètes qu’elles étaient, produisirent du moins un résultat, ce fut de donner le goût de notre histoire : mauvais, médiocre ou bon, tout ce qui fut écrit sur ce sujet fut à peu près lu, on se figura que l’on connaissait aussi leurs chroniques. Chacun alors passa de la science de l’histoire générale au désir de connaître l’histoire privée : cette disposition d’esprit fut habilement remarquée par les Ouvrards littéraires : il se fit aussitôt une immense commande de mémoires inédits ; chaque époque eut son Brantôme, sa Motteville et son Saint-Simon ; tout cela se vendit jusqu’au dernier exemplaire : il n’y eut que les Mémoires de Napoléon qui s’écoulèrent difficilement : ils arrivaient après la Contemporaine.

L’école positive cria que tout cela était un grand malheur ; qu’on n’apprenait rien de réel ni de solide dans les romans historiques et avec les mémoires apocryphes ; que c’étaient des branches fausses et bâtardes qui n’appartenaient à aucun genre de littérature, et que ce qui restait de ces rapsodies dans la tête de ceux qui les avaient lues ne servait qu’à leur donner une idée inexacte des hommes et des choses, en les leur faisant envisager sous un faux point de vue ; que d’ailleurs l’intérêt dans ces sortes de productions était toujours absorbé par le personnage d’imagination, et que, par conséquent, c’était la partie romanesque qui laissait le plus de souvenirs. On leur opposa Walter Scott, qui certes a plus appris à ses compatriotes de faits historiques avec ses romans que Hume, Robertson et Lignard avec leurs histoires : ils répondirent que cela était vrai, mais que nous n’avions rien fait qui pût se comparer à ce qu’avait fait Walter Scott ; et sur ce point ils avaient raison : en conséquence, ils renvoyaient impitoyablement aux chroniques mêmes ; et sur ce point ils avaient tort. À moins d’une étude particulière de langue, que tout le monde n’a pas le temps de faire, et qui cause une fatigue que les hommes spéciaux ont seuls le courage de supporter, nos chroniques sont assez difficiles à lire depuis Villehardoin jusqu’à Joinville, c’est -à-dire depuis la fin du douzième siècle jusqu’à la fin du quatorzième.
(…)
Le lecteur se trouve, par conséquent, enfermé entre l’histoire proprement dite, qui n’est qu’une compilation ennuyeuse de dates et de faits rattachés chronologiquement les uns aux autres ; entre le roman historique, qui, à moins d’être écrit avec le génie et la science de Watler Scott, n’est qu’une lanterne magique sans lumière, sans couleur et sans portée, et enfin entre les chroniques originales, source certaine, profonde et intarissable, mais d’où l’eau sort si troublée qu’il est presque impossible à des yeux inhabiles de voir le fond à travers les flots.
(…)
La grande difficulté, selon nous, est de se garder de ces deux fautes, dont la première, nous l’avons dit, fut de maigrir le passé comme l’a fait l’histoire, et la seconde de défigurer l’histoire comme l’a fait le roman."

dimanche 17 octobre 2010

Le souffle d'autrefois



Il y a quelque chose d'ironique à ce que je lise Le grand périple d'Esculape de Horia Stancu, alors que je suis quasi immobilisé par un terrible mal de dos !
Ce roman de la collection Plein Vent narre les aventures du médecin grec à travers l'Egypte, l'Afrique, le Moyen Orient et la Turquie. Car dans ce livre, Esculape est un homme, et non un dieu.
Sa lecture m'a rappelé mon enfance, lorsque j'empruntais les ouvrages de cette collection, chaque semaine, à la bibliothèque du village voisin. Mais ce roman n'est pas seulement pour les enfants et l'adulte que je suis devenu y a trouvé son compte. Esculape porte un regard désabusé sur les hommes de son temps, leur bêtise et leurs passions. Et sa quête absolu de savoir est émouvante.
Une lecture rapide (il faut dire que je ne peux presque rien faire d'autre) mais enrichissante.

jeudi 14 octobre 2010

Ouragan

Je viens de terminer la lecture de ce roman de Laurent Gaudé, publié chez Actes Sud. C'est un livre formidable.
Il m'a plusieurs fois appelée, cet Ouragan, depuis la table sur laquelle il était exposé. D'abord sa couverture m'a frappée, un jeune femme noire, magnifique, tête baissée et les cheveux dressés. Le titre aussi, bref et terrible. Puis le quatrième de couverture m'a attrapée: "une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent": j'adore les histoires où tout s'entremêle, ou le hasard bringuebale chacun. Là, l'action se déroule pendant l'ouragan qui a détruit et inondé la Nouvelle Orléans.
L'écriture m'a plu par sa fausse simplicité et sa terrible efficacité. Ce roman est violent, à tous égards. L'auteur ne se préoccupe pas de ce que pourrait souhaiter le lecteur: il va au bout de ce qu'il a décidé. Quitte à rendre la lecture douloureuse.
On suit donc plusieurs personnages, dont certains m'ont naturellement plus parlé que d'autres: Joséphine, que sa fierté rend si majestueuse, qui porte en elle et avec elle l'histoire des Noirs de la Nouvelle Orléans et d'ailleurs, que je pourrais reconnaître dans la rue si je la croisais, tant j'ai l'impression de l'avoir accompagnée. Et puis il y a Keanu et sa douleur d'homme, magnifique dans son authenticité, enfin ouvert à la vie, éclairé subitement. Et Rose, bouleversante. Ne serait-ce que pour rencontrer Rose, il faut lire ce livre. Rose et cet enfant qu'elle rejette silencieusement, profondément, tristement, mais qu'elle aime pourtant sans condition. Rose qui s'est égarée et n'attend rien. Rose qui vit parce qu'il le faut bien.
Trop de passages du roman m'ont marquée pour que je les retranscrive tous. En voici quelques-uns, ceux qui aujourd'hui me semblent les plus aigus. Probablement ces extraits ne peuvent-ils parler à celui qui connaît le le roman (ou qui me connaît moi) , mais tant pis.
"Il est beau - non pas qu'il soit parfait, mais il a cette force puissante qui rend un homme indéracinable."
"Il l'a prise dans ses bras pour qu'elle arrête de marcher et de tourner et il lui a dit qu'ils allaient le retrouver."
"(...) il la voit qui pleure doucement mais il poursuit son récit, il sait qu'elle comprend qu'elle est en train de répondre à sa question, d'y répondre comme il ne l'a jamais fait et c'est peut-être aussi pour cela qu'elle pleure, de la violence des images qu'il évoque mais aussi de la beauté du cadeau qu'il lui fait, il sent qu'elle est avec lui, dans ce récit, (...)"
"O le long baiser qui dure et soulève les vies, balaie la poussière de nos errances. (...) O le long baiser qui ne s'arrête que pour recommencer et qui cloue la nuit au silence."

mardi 5 octobre 2010

Avec vue sur la chambre

Mon bibliothécaire particulier m'a offert un petit livre de chez Chomant : Avec vue sur la chambre, d'Emmanuelle Halgand.
J'aime toujours autant leurs livres, en tant qu'objets; je n'y reviens pas car j'en ai déjà parlé pour La tâche d'encre...
Il n'y a pas vraiment d'histoire. On accompagne une jeune femme au fil des pages, dans son quotidien, les hauts et les bas de ses amours, de sa vie. L'auteur se réfère beaucoup à ses sensations, et c'est d'ailleurs pour cela que ce livre m'a été offert car ce sont mes sens qui me guident, parfois qui me dominent.
C'est amusant comme certaines remarques ont fait écho en moi, alors que des chapitres entiers me sont restés étrangers. Ce n'est pas une lecture inoubliable, mais elle m'a plu: j'ai découvert un autre univers, typiquement féminin, et plusieurs fois j'ai souri de me reconnaître, de lire des pensées intimes, parfois secrètes, dépourvues de sens, irrationnelles ou parfaitement terre à terre, mais manifestement communes à bien des femmes.
Le sous-titre est "Chronique hédoniste". Je n'ai pas trouvé cette femme vraiment hédoniste. Elle ressent, elle abuse parfois, mais elle prend aussi soin de l'autre et n'est pas entièrement tournée vers elle-même.
Ou bien ai-je mal compris ce qu'est l'hédonisme?

mardi 20 juillet 2010

Souvenirs (3)




De passage chez un bouquiniste de ma région, perdu en pleine campagne, j'ai retrouvé trois tomes de la collection de romans historiques pour adolescents que je lisais dans mon enfance, en les empruntant à la bibiothèque municipale du village voisin du mien.
Il s'agit de la collection "Plein vent" de chez Robert Laffont, qui publia cette série entre 1966 et 1992.
J'ai ainsi récupéré "Amaury chevalier cathare"de Michel Grimaud, "Va dire à Sparte" de Roderick Milton et "Le soleil d'Olympie" de Jean Séverin. Ces livres plairont-ils à mes enfats ou à ceux de mon amie ?

dimanche 4 juillet 2010

Pourquoi faut-il lire Connelly ?

Michael Connelly est un auteur de roman policier à succès, inspirant le cinéma. Parmi ses livres, ceux mettant en scène l'inspecteur Harry Bosch ont ma préférence.
Je crois que ce que j'aime chez Connelly, c'est l'approche réaliste de ses romans qui vient de son passé journalistique. Il a travaillé pour divers journaux (dont le Los Angeles Times)pour lesquels il a produit des chroniques judiciaires. Certaiens ont été regroupées dans le recueuil "Les chroniques du crime" paru au Seuil.
Les enquêtes de Bosch se déroulent à Los Angeles, une ville que Connelly connait bien. Il a d'ailleurs fait paraitre un DVD dans lequelle il fait visiter les lieux sensibles de ses romans ("Blue neon night").
La carrière romanesque de Bosch se déroule pour le moment de 1992 à 2009 au sein de 14 romans (dont 13 ont été traduits) mais son auteur l'a fait intégrer le LAPD en 1972.
J'aime le regard pessimiste et désabusé que porte Bosch sur la ville et la société et je trouve le style de Connelly précis, fluide et sans fioriture.