Comme j'ai commencé la lecture du Al-Muqqaddima, je ne résiste pas à l'envie de publier cet extrait de l'introduction qui traite de l'histoire :
"Les ignorants peuvent aussi bien la comprendre que les gens instruits. En effet, l'histoire n'est, en apparence, que le récit des évènements politiques des dynasties et des circonstances du lointain passé, présenté avec élégance et relevé par des citations. Elle permet de distraire de vastes publics et de nous faire une idée des affaires humaines.(...)Cependant, vue de l'intérieur, l'histoire a un autre sens. Elle consiste à méditer, à s'efforcer d'accéder à la vérité, à expliquer avec finesse les causes et les origines des faits, à connaitre à fond le pourquoi et le comment des évènements. L'histoire prend donc racine dans la philosophie, dont elle doit être comptée comme une des branches."
Le plus extraordinaire, pour moi, est que cette définition a été donnée vers 1377, à la même époque que furent rédigée les Chroniques de Froissart, certes intéressantes, mais pas aussi riches que ce texte.
lundi 24 novembre 2008
Relirais-je "Le Roi Vert" ? Je ne crois pas

Je viens de lire un article du Monde.fr sur la "déchéance" de Paul Loup Sulitzer, cet auteur à succès des années 80. Un auteur dont le succès reposa sur l'écriture des autres.
On y mentionne "Le roi vert", l'un de ses premiers romans.J'ai lu ce livre sur les conseils de ma mère et ma grand-mère, et je dois dire que j'en garde un bon souvenir.
Ce type (ou ses petites mains) savaient raconter des histoire.
dimanche 23 novembre 2008
Je vous recommande le blog de cette illustratrice, Pénélope Bagieu. Certes, ce ne sont pas mes couleurs, mais j'avoue que le contenu me plait. Mention spécial au strip publié lors de l'élection d'Obama...
Conclusions sur l'Aleph et nouvelle lecture
J’ai terminé "L’Aleph". Relire est une activité intéressante, notamment un recueil de nouvelles. On ne lit pas de la même façon à seize ou trente-six ans.
Il y a vingt ans, ce sont les nouvelles L’immortel et L’Aleph qui m’avaient marquées, question d’état d’esprit et de centre d’intérêt je suppose. De ma lecture actuelle, je retiendrais les nouvelles déjà citées dans les précédents articles ainsi que L’écriture de Dieu et Deutsches Requiem.
Etonnante nouvelle que cette dernière, qui me laisse un goût amer dans la bouche. Il s’agit de la confession d’un homme qui va mourir, d’un directeur de camps de concentration. Voici ce qu’en dit Borges dans l’épilogue du recueil : « pendant la dernière guerre, nul ne put souhaiter plus vivement que moi la défaite de l’Allemagne ; nul ne put ressentir plus que moi la tragédie du destin allemand ; Deutsches Requiem veut comprendre ce destin, que ne surent pleurer, ni même soupçonner, nos « germanophiles » qui ne savent rien de l’Allemagne ». Dans cette nouvelle, Borges présente un homme intelligent, cultivé, qui ne regrette rien de ce qu’il a pu faire ou faire faire. Et il est difficile de haïr cet homme, ou de le prendre en pitié. Il me semble incompréhensible, plutôt.
En relisant La quête d’Averroès, je me suis souvenu que j’avais ses « Discours décisifs » dans ma bibliothèque. Mais après les avoir parcourus, je ne pense pas être capable de les lire. Par contre, j’ai exhumé le « Discours sur l’histoire universelle » (Al- Muqaddima) d’Ibn Khaldûn et j’ai décidé de m’y atteler.
Il y a vingt ans, ce sont les nouvelles L’immortel et L’Aleph qui m’avaient marquées, question d’état d’esprit et de centre d’intérêt je suppose. De ma lecture actuelle, je retiendrais les nouvelles déjà citées dans les précédents articles ainsi que L’écriture de Dieu et Deutsches Requiem.
Etonnante nouvelle que cette dernière, qui me laisse un goût amer dans la bouche. Il s’agit de la confession d’un homme qui va mourir, d’un directeur de camps de concentration. Voici ce qu’en dit Borges dans l’épilogue du recueil : « pendant la dernière guerre, nul ne put souhaiter plus vivement que moi la défaite de l’Allemagne ; nul ne put ressentir plus que moi la tragédie du destin allemand ; Deutsches Requiem veut comprendre ce destin, que ne surent pleurer, ni même soupçonner, nos « germanophiles » qui ne savent rien de l’Allemagne ». Dans cette nouvelle, Borges présente un homme intelligent, cultivé, qui ne regrette rien de ce qu’il a pu faire ou faire faire. Et il est difficile de haïr cet homme, ou de le prendre en pitié. Il me semble incompréhensible, plutôt.
En relisant La quête d’Averroès, je me suis souvenu que j’avais ses « Discours décisifs » dans ma bibliothèque. Mais après les avoir parcourus, je ne pense pas être capable de les lire. Par contre, j’ai exhumé le « Discours sur l’histoire universelle » (Al- Muqaddima) d’Ibn Khaldûn et j’ai décidé de m’y atteler.
samedi 22 novembre 2008
Un autre Zahir
En faisant des recherche sur le Zahir, je suis tombé sur une référence à un roman de Coelho, Le Zahir.
Dans ce livre, un écrivain part à la recherche de sa femme, correspondante de guerre en Irak et qui a disparue. Au fil des pages, l'être aimée va devenir son idée fixe, son obsession, sa raison de vivre.
Plusieurs choses me poussent vers ce livre dont la volonté de voir si Coelho parvient à rendre mieux compte de l'obsession que Borges. Mais il est vrai que je n'aime pas beaucoup les livres de Coelho.
Dans ce livre, un écrivain part à la recherche de sa femme, correspondante de guerre en Irak et qui a disparue. Au fil des pages, l'être aimée va devenir son idée fixe, son obsession, sa raison de vivre.
Plusieurs choses me poussent vers ce livre dont la volonté de voir si Coelho parvient à rendre mieux compte de l'obsession que Borges. Mais il est vrai que je n'aime pas beaucoup les livres de Coelho.
On rencontre tous le Zahir
J’ai relu hier la nouvelle de Borges, Le Zahir. Il y est question d’une pièce de monnaie (mais le Zahir revêt bien des formes différentes) que l’on ne peut oublier et qui finit par obnubiler complètement celui à qui elle a été donné, même après qu’il s’en soit débarrassé.
A la fin de la nouvelle, le narrateur (un Borges) comprend qu’il n’en réchappera pas : « je ne percevrai plus l’univers, je percevrai le Zahir. Selon la doctrine idéaliste, les verbes vivre et rêver sont rigoureusement synonymes ; de milliers d’apparences je passerai à une seule ; d’un rêve très complexe à un rêve très simple. D’autres rêveront que je suis fou et moi je rêverai au Zahir. Lorsque tous les hommes ici-bas penseront jour et nuit au Zahir, qui sera un songe et qui sera une réalité, la terre ou le Zahir ?(…) pour se perdre en Dieu, les soufis répètent leur propre nom ou les quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu jusqu’à ce que ceux-ci ne veuillent plus rien dire. Je souhaite ardemment parcourir cette route. Peut-être finirai-je par user le Zahir à force d’y penser et d’y repenser (…) ».
Outre le fait que j’ai toujours été fasciné par les rêves et l’idée qu’ils sont une seconde vie, je vois dans ces lignes une extraordinaire définition de l’obsession.
Dans ce recueil, je dois aussi recommander la nouvelle La quête d’Averroës, dans laquelle, en voulant raconter l’histoire d’un échec, Borges réalise une formidable mise en abîme.
A la fin de la nouvelle, le narrateur (un Borges) comprend qu’il n’en réchappera pas : « je ne percevrai plus l’univers, je percevrai le Zahir. Selon la doctrine idéaliste, les verbes vivre et rêver sont rigoureusement synonymes ; de milliers d’apparences je passerai à une seule ; d’un rêve très complexe à un rêve très simple. D’autres rêveront que je suis fou et moi je rêverai au Zahir. Lorsque tous les hommes ici-bas penseront jour et nuit au Zahir, qui sera un songe et qui sera une réalité, la terre ou le Zahir ?(…) pour se perdre en Dieu, les soufis répètent leur propre nom ou les quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu jusqu’à ce que ceux-ci ne veuillent plus rien dire. Je souhaite ardemment parcourir cette route. Peut-être finirai-je par user le Zahir à force d’y penser et d’y repenser (…) ».
Outre le fait que j’ai toujours été fasciné par les rêves et l’idée qu’ils sont une seconde vie, je vois dans ces lignes une extraordinaire définition de l’obsession.
Dans ce recueil, je dois aussi recommander la nouvelle La quête d’Averroës, dans laquelle, en voulant raconter l’histoire d’un échec, Borges réalise une formidable mise en abîme.
mercredi 19 novembre 2008
Pourquoi j'aime Borges
Je viens de relire deux nouvelles du recueil l'Aleph. Il s'agit de "Biographie de Tadeo Isodoro Cruz" et de "Emma Zunz".
Dans la première nouvelle, Borges énonce l'idée, fulgurante pour moi, que "toute destinée, pour longue et compliquée qu'elle soit, comprend en réalité un seul moment : celui où l'homme sait à jamais qui il est".
Dans la seconde, un évènement fait basculer la vie d'une jeune femme comme si c'était "la seule chose qui se soit produite au monde et qui continuerait à se produire éternellement".
J'y ai lu cette phrase magnifique, sur l'attente :" l'impatience la réveilla. L'impatience, non l'inquiétude, et le soulagement singulier d'être enfin ce jour-là. Elle n'avait plus à faire des plans, à laisser aller son imagination ; dans quelques heures, elle atteindrait la simplicité des faits".
Dans la première nouvelle, Borges énonce l'idée, fulgurante pour moi, que "toute destinée, pour longue et compliquée qu'elle soit, comprend en réalité un seul moment : celui où l'homme sait à jamais qui il est".
Dans la seconde, un évènement fait basculer la vie d'une jeune femme comme si c'était "la seule chose qui se soit produite au monde et qui continuerait à se produire éternellement".
J'y ai lu cette phrase magnifique, sur l'attente :" l'impatience la réveilla. L'impatience, non l'inquiétude, et le soulagement singulier d'être enfin ce jour-là. Elle n'avait plus à faire des plans, à laisser aller son imagination ; dans quelques heures, elle atteindrait la simplicité des faits".
Inscription à :
Articles (Atom)