Tels sont les sujets du roman que je viens de terminer : La grand-mère de jade. Un petit livre simple d'apparence, assez léger si on excepte l'épilogue.
L'auteur y mène pourtant une réflexion intéressante sur le rôle de la lecture dans la vie, sur le "métier de lire" comme disait Bernard Pivot.
Voici quelques phrases qui m'ont parlé :
"Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père"
"la lecture était réservée aux intellectuels oisifs et fortunés qui n'avaient pas besoin de trimer pour gagner leur vie"
"Elle découvrait la vie parce qu'elle pouvait désormais mettre des mots sur les autres, sur leurs actions. Elle se sentait en danger comme si elle avait percé un secret."
"Je suis entré dans les livres par effraction, sans l'instruction qui donne le goût et l'aptitude à la lecture. En ouvrant les livres, j'ai choisi la pire chose qu'une femme de mon milieu puisse faire. J'ai contemplé un monde qui m'était interdit. J'avais parfaitement conscience que ce n'était pas le mien. je l'ai contemplé longtemps. Puis j'ai refermé la porte, mais il m'était désormais impossible d'oublier ce que j'avais entrevu : un espace immense dont je ne pouvais plus me passer."
"Dans la lecture parfois, je retrouvais cette exaltation, ce désir immense qui emportait mon estomac jusqu'au ciel. J'ai été comme enfermée dans ma vie douce, dans un corps lent et serein tandis qu'à l'intérieur dormait un volcan. Cette terre n'allait-elle jamais exploser ?"
"Ceux qui écrivent ont un façon si particulière de porter leurs yeux sur ce que nous ne saurions voir. Je suis une lectrice. Je ne serai jamais capable d'écrire le moindre texte, mais quand je lis le roman d'un écrivain, je suis toujours frappée de ce regard singulier : cette façon de saisir la banalité et d'en rendre compte sous un angle insolite, cet art de tisser un lien entre des choses qui n'ont pas l'air d'en avoir. (...) Et puis ces pages sont pleines, mais elles m'offrent une part dans laquelle peut courir ma propre pensée, l'histoire que je construis dans l'histoire... Et si je n'écris pas de roman, mon imagination récrit ceux que j'ai aimé avec un amour respectueux."
"Je me souviens d'avoir été fascinée par le miracle des bons livres qui arrivaient au bon moment de la vie. Ceux qui parfois tombaient des étagères pour venir répondre à des questions que me posait l'existence."
mardi 30 juin 2009
lundi 29 juin 2009
Revenir à l'essentiel
Cette fois-ci, le moment est venu de réfléchir sérieusement à quels livres emporter. je vais m'éloigner un peu de ma bibliothèque, mais je veux en emmener un morceau.
Que choisir ?
Il y a les inévitables : tout Borges, tout Auster,tout Gracq. Le Seigneur des anneaux dans l'édition du Livre de Poche, la première que j'ai possédée. Siri Hudsvedt aussi, et Alberto Manguel. Marcel Conche.
Et après ?
Les trois mousquetaires et sa suite, Bouvard et Pécuchet aussi. Un peu de Yourcenar, L'oeuvre au noir au moins. Du Michel Rio, je crois que cela m'ira bien.
Peut-être pourrais-je relire Et si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino ? Et Le Matrimoine de Bazin, ce serait de circonstance !
Je crois que je vais beaucoup relire dans l'année à venir, parce que j'aurais moins les moyens de lire d'abord, mais aussi parce que je suis fondametalement un relecteur.
la liste n'est pas close, je dois y réfléchir encore. Les pianos mécaniques, bien sûr, à ne pas oublier.
Il y en a tant d'autres...
Que choisir ?
Il y a les inévitables : tout Borges, tout Auster,tout Gracq. Le Seigneur des anneaux dans l'édition du Livre de Poche, la première que j'ai possédée. Siri Hudsvedt aussi, et Alberto Manguel. Marcel Conche.
Et après ?
Les trois mousquetaires et sa suite, Bouvard et Pécuchet aussi. Un peu de Yourcenar, L'oeuvre au noir au moins. Du Michel Rio, je crois que cela m'ira bien.
Peut-être pourrais-je relire Et si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino ? Et Le Matrimoine de Bazin, ce serait de circonstance !
Je crois que je vais beaucoup relire dans l'année à venir, parce que j'aurais moins les moyens de lire d'abord, mais aussi parce que je suis fondametalement un relecteur.
la liste n'est pas close, je dois y réfléchir encore. Les pianos mécaniques, bien sûr, à ne pas oublier.
Il y en a tant d'autres...
dimanche 28 juin 2009
Retour à la lecture
Cela faisait un moment que je n'avais pas lu vraiment, l'esprit accaparé par les choses de la vie.
Cet après-midi, j'étais seul chez moi, dans une maison silencieuse et j'ai lu. J'ai lu d'une traite le petit livre de Yasmina Reza "Dans la luge d'Arthur Schopenhauer".
Ce fut un genre de révélation : je suis Ariel Chipman, mais je me suis relevé de mon fauteuil. J'ai laissé derrière moi la dépression, j'en suis convaincu, même si mes proches en doutent.
Je veux maintenant passer à autre chose et lire ainsi, seul, m'a fait un bien fou. Je crois que dans un sens, j'aspire à une certaine forme de solitude.
Dans la foulée, j'ai entamé la lecture de "La grand-mère de Jade" de Frédérique Deghelt que j'ai acheté sur un coup de tête.
Voici quelques phrases tirées du livre de Yasmina Reza :
" La vie conjugale nous a tués comme elle tue tout le monde, et ce n'est pas la philosophie croyez-moi qui vous donne un coup de main dans la vie conjugale, d'ailleurs je ne vois rien qui puisse vous sortir la tête de cette embarcation maudite (...)"
"On maintient un certain cap, contre l'impuissance, le chaos, et un beau jour on fout tout en l'air. C'est dommage. Et merveilleux. Serge, est-ce que nous ne voulons pas, au fond, que quelque chose arrive, un chavirement, un naufrage ou n'importe quelle explosion qui nous dégage de l'accablement domestique ?"
"à moins d'être Roger Moore dans Simon Templar, la robe de chambre conduit droit à la catastrophe"
Cet après-midi, j'étais seul chez moi, dans une maison silencieuse et j'ai lu. J'ai lu d'une traite le petit livre de Yasmina Reza "Dans la luge d'Arthur Schopenhauer".
Ce fut un genre de révélation : je suis Ariel Chipman, mais je me suis relevé de mon fauteuil. J'ai laissé derrière moi la dépression, j'en suis convaincu, même si mes proches en doutent.
Je veux maintenant passer à autre chose et lire ainsi, seul, m'a fait un bien fou. Je crois que dans un sens, j'aspire à une certaine forme de solitude.
Dans la foulée, j'ai entamé la lecture de "La grand-mère de Jade" de Frédérique Deghelt que j'ai acheté sur un coup de tête.
Voici quelques phrases tirées du livre de Yasmina Reza :
" La vie conjugale nous a tués comme elle tue tout le monde, et ce n'est pas la philosophie croyez-moi qui vous donne un coup de main dans la vie conjugale, d'ailleurs je ne vois rien qui puisse vous sortir la tête de cette embarcation maudite (...)"
"On maintient un certain cap, contre l'impuissance, le chaos, et un beau jour on fout tout en l'air. C'est dommage. Et merveilleux. Serge, est-ce que nous ne voulons pas, au fond, que quelque chose arrive, un chavirement, un naufrage ou n'importe quelle explosion qui nous dégage de l'accablement domestique ?"
"à moins d'être Roger Moore dans Simon Templar, la robe de chambre conduit droit à la catastrophe"
mercredi 27 mai 2009
Histoires regrettables

J'ai commencé à lire un recueil de nouvelles de l'auteur Wilkie Collins, ami de Dickens et l'un des créateurs de la fiction moderne selon Borges. Ce sont des nouvelles policières présentant les dessous de la société victorienne. Le style est agréable, sans fioriture contrairement à celui de nombre de ses contemporains. Les personnages sont campés en quelques lignes.
mardi 5 mai 2009
Döblin sur les ondes
La série que Christine Lecerf consacre à la radio à Alfred Döblin tombe à pic pour ma lecture. Réalisée entre Paris et Berlin, elle exploite des archives inédites de l’écrivain. Durant les cinq heures que dure ce documentaire, on entendra son fils, des traducteurs, des germanistes, des écrivains, des historiens et surtout la voix de Döblin lui-même.
Des extraits de ses livres ponctuent la série. Il sera beaucoup question de la ville, puisque Döblin passe aussi pour celui qui a fait entrer la rue dans la littérature, et d’architecture, de vitesse, de cinéma, de dialogue avec le double, de conversion au catholicisme, de suicide et de la nature du héros döblinien dont son créateur disait :”Il n’y a pas d’artiste qui ne porte sur lui les traits de la maladie et du crime”.
La diffusion de cette série commence aujourd’hui mardi et dure jusqu’à vendredi, tous les soirs de 22h15 à 23h30, dans “Surpris par la nuit”, l’émission d’Alain Veinstein, sur France-Culture.
Je ne pourrais pas l’écouter en direct, puisque je vais au théâtre ce soir, mais heureusement, il y a les podcasts !
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10489.xml
Merci à Pierre Assouline pour cette information
Des extraits de ses livres ponctuent la série. Il sera beaucoup question de la ville, puisque Döblin passe aussi pour celui qui a fait entrer la rue dans la littérature, et d’architecture, de vitesse, de cinéma, de dialogue avec le double, de conversion au catholicisme, de suicide et de la nature du héros döblinien dont son créateur disait :”Il n’y a pas d’artiste qui ne porte sur lui les traits de la maladie et du crime”.
La diffusion de cette série commence aujourd’hui mardi et dure jusqu’à vendredi, tous les soirs de 22h15 à 23h30, dans “Surpris par la nuit”, l’émission d’Alain Veinstein, sur France-Culture.
Je ne pourrais pas l’écouter en direct, puisque je vais au théâtre ce soir, mais heureusement, il y a les podcasts !
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10489.xml
Merci à Pierre Assouline pour cette information
lundi 13 avril 2009
Deux livres sur Gracq
dimanche 5 avril 2009
"Il n'y a eu que des départs dans ma vie - songea-t-il. Je n'ai jamais aimé arriver."
J'ai fini La presqu'île, mais sans lire Le Roi Cophetua, que je garde pour les vacances d'été, probablement. Cette phrase de Gracq résonne étrangement dans mon esprit, depuis ce matin.
Que vais-je lire ensuite ? L'un des deux livres ramenés de ma librairie récemment ? Ou bien un essai sur le temps, si j'en trouve un ?
Que vais-je lire ensuite ? L'un des deux livres ramenés de ma librairie récemment ? Ou bien un essai sur le temps, si j'en trouve un ?
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