mercredi 8 juillet 2009

Relire Le Matrimoine

J'ai fini de lire le Matrimoine ce matin. Dire que je me suis identifié au narrateur est excessif, mais je me suis retrouvé dans certains de ces propos, dans certaines situations.
Il s'agit d'un livre âpre, parfois cruel, mais véridique. Et qui me renforce dans la décision que j'ai prise.

jeudi 2 juillet 2009

Le matrimoine

J'avance dans ma relecture du Matrimoine de Bazin. J'avais lu ce livre à 16 ans et il m'avait laissé une sensation étrange sur les rapports homme/femme ou devrais-je dire mari et femme.
Le relire à 37 ans, à ce moment précis, lui donne un sens nouveau ou plutôt une profondeur que je n'avais pas soupçonnée alors. Le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'un regard désillusionné sur le mariage.

mercredi 1 juillet 2009

Les vestiges du jour

Il est difficile de résumer Les vestiges du jour, de Kazuo Ishiguro.
Je crois que j'aime l'atmophère anglaise distillée par cette oeuvre, ce charme surannée des demeures aristocratiques du début du siècle. Adolescent, je rêvais bêtement de faire partie de cette noblesse que j'idéalisais (et que Ishiguro idéalise grandement); aujourd'hui, je me rend compte que je me sens plus proche du majordome Stevens et que son style de vie m'aurait convenu.
Le sentiment de cette dignité d'être "à sa place", de faire les choses correctement, voilà ce que j'aimerais approcher, je crois.
Parfois je me demande si je ne me suis pas trompé de siècle en naissant...

Revenir à l'essentiel (2)

Il y a quelque chose de difficile à devoir choisir quels livres emporter, même momentanément, hors de sa bibliothèque.
Je me rends compte que les livres sont mes compagnons de toujours et qu'ils méritent tous de partir avec moi.
Mais soyons réaliste, ce n'est pas possible.
Voici donc ceux que j'ai choisi : En attendant Godot, Histoire du juif errant de d'Ormesson, les nuits de Paris de Restif de la Bretonne, La lectrice, quelques Irving (Le Monde selon Garp, évidemment et probablement Un mariage poids moyen), Les contes et nouvelles de Maupassant en Pléiade, les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal et Manuscrit trouvé à Saragosse de Potoki.
Pour la poésie, j'ai Borges et j'y ajoute les oeuvres de Saint John Perse et Les Contemplations.
Pour le fantastique, parce que cela fait aussi partie de ma vie, le Cycle des épées de Leiber et tout Lovecraft.
Pour les essais historiques, je pense prendre les oeuvres de Duby et Le Goff dans la collection Quarto, le petit ouvrage sur les chevaliers paysans du lac de Paladru et les cours au Collège de France de Michelet. Là encore, la liste n'est pas close mais je dois y réfléchir encore.

mardi 30 juin 2009

Lecture et écriture

Tels sont les sujets du roman que je viens de terminer : La grand-mère de jade. Un petit livre simple d'apparence, assez léger si on excepte l'épilogue.
L'auteur y mène pourtant une réflexion intéressante sur le rôle de la lecture dans la vie, sur le "métier de lire" comme disait Bernard Pivot.
Voici quelques phrases qui m'ont parlé :

"Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père"

"la lecture était réservée aux intellectuels oisifs et fortunés qui n'avaient pas besoin de trimer pour gagner leur vie"

"Elle découvrait la vie parce qu'elle pouvait désormais mettre des mots sur les autres, sur leurs actions. Elle se sentait en danger comme si elle avait percé un secret."

"Je suis entré dans les livres par effraction, sans l'instruction qui donne le goût et l'aptitude à la lecture. En ouvrant les livres, j'ai choisi la pire chose qu'une femme de mon milieu puisse faire. J'ai contemplé un monde qui m'était interdit. J'avais parfaitement conscience que ce n'était pas le mien. je l'ai contemplé longtemps. Puis j'ai refermé la porte, mais il m'était désormais impossible d'oublier ce que j'avais entrevu : un espace immense dont je ne pouvais plus me passer."

"Dans la lecture parfois, je retrouvais cette exaltation, ce désir immense qui emportait mon estomac jusqu'au ciel. J'ai été comme enfermée dans ma vie douce, dans un corps lent et serein tandis qu'à l'intérieur dormait un volcan. Cette terre n'allait-elle jamais exploser ?"

"Ceux qui écrivent ont un façon si particulière de porter leurs yeux sur ce que nous ne saurions voir. Je suis une lectrice. Je ne serai jamais capable d'écrire le moindre texte, mais quand je lis le roman d'un écrivain, je suis toujours frappée de ce regard singulier : cette façon de saisir la banalité et d'en rendre compte sous un angle insolite, cet art de tisser un lien entre des choses qui n'ont pas l'air d'en avoir. (...) Et puis ces pages sont pleines, mais elles m'offrent une part dans laquelle peut courir ma propre pensée, l'histoire que je construis dans l'histoire... Et si je n'écris pas de roman, mon imagination récrit ceux que j'ai aimé avec un amour respectueux."

"Je me souviens d'avoir été fascinée par le miracle des bons livres qui arrivaient au bon moment de la vie. Ceux qui parfois tombaient des étagères pour venir répondre à des questions que me posait l'existence."

lundi 29 juin 2009

Revenir à l'essentiel

Cette fois-ci, le moment est venu de réfléchir sérieusement à quels livres emporter. je vais m'éloigner un peu de ma bibliothèque, mais je veux en emmener un morceau.
Que choisir ?
Il y a les inévitables : tout Borges, tout Auster,tout Gracq. Le Seigneur des anneaux dans l'édition du Livre de Poche, la première que j'ai possédée. Siri Hudsvedt aussi, et Alberto Manguel. Marcel Conche.
Et après ?
Les trois mousquetaires et sa suite, Bouvard et Pécuchet aussi. Un peu de Yourcenar, L'oeuvre au noir au moins. Du Michel Rio, je crois que cela m'ira bien.
Peut-être pourrais-je relire Et si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino ? Et Le Matrimoine de Bazin, ce serait de circonstance !
Je crois que je vais beaucoup relire dans l'année à venir, parce que j'aurais moins les moyens de lire d'abord, mais aussi parce que je suis fondametalement un relecteur.
la liste n'est pas close, je dois y réfléchir encore. Les pianos mécaniques, bien sûr, à ne pas oublier.
Il y en a tant d'autres...

dimanche 28 juin 2009

Retour à la lecture

Cela faisait un moment que je n'avais pas lu vraiment, l'esprit accaparé par les choses de la vie.
Cet après-midi, j'étais seul chez moi, dans une maison silencieuse et j'ai lu. J'ai lu d'une traite le petit livre de Yasmina Reza "Dans la luge d'Arthur Schopenhauer".
Ce fut un genre de révélation : je suis Ariel Chipman, mais je me suis relevé de mon fauteuil. J'ai laissé derrière moi la dépression, j'en suis convaincu, même si mes proches en doutent.
Je veux maintenant passer à autre chose et lire ainsi, seul, m'a fait un bien fou. Je crois que dans un sens, j'aspire à une certaine forme de solitude.
Dans la foulée, j'ai entamé la lecture de "La grand-mère de Jade" de Frédérique Deghelt que j'ai acheté sur un coup de tête.
Voici quelques phrases tirées du livre de Yasmina Reza :
" La vie conjugale nous a tués comme elle tue tout le monde, et ce n'est pas la philosophie croyez-moi qui vous donne un coup de main dans la vie conjugale, d'ailleurs je ne vois rien qui puisse vous sortir la tête de cette embarcation maudite (...)"
"On maintient un certain cap, contre l'impuissance, le chaos, et un beau jour on fout tout en l'air. C'est dommage. Et merveilleux. Serge, est-ce que nous ne voulons pas, au fond, que quelque chose arrive, un chavirement, un naufrage ou n'importe quelle explosion qui nous dégage de l'accablement domestique ?"
"à moins d'être Roger Moore dans Simon Templar, la robe de chambre conduit droit à la catastrophe"