samedi 13 novembre 2010

Qu'a lu Borges ?


Deux archivistes de la Bibliothèque Nationale de Buenos Aires ont analysé les cinq cents livres que Borges lui avait légués. De cet examen minutieux, Laura Rosato et German Alvarez ont tiré un livre Borges, libros y lecturas,malheureusement non traduit à ce jour.
Qu'apprend - t'on du lecteur Borges à la lecture de ce livre ? (ou plutôt d'un article du quotidien La Nacion, repris en français dans le mensuel Books)
Que Borges lisait rarement un livre en entier ! Qu'il ne soulignait pas les passages intéressants mais les recopiait dans les marges.
Il lisait essentiellement des livres en allemand et en anglais, de la poésie et des essais.
Borges lisait pour écrire, d'où son goût pour les encyclopédies et la lecture fragmentaire.
Borges ne recherchait pas les éditions originales ou à tirage limité. Il ne se sentait pas tenu de lire les livres dans leur langue originale, même quand il la connaissait.
Ce Borges lecteur n'est pas celui que j'imaginais lorsque j'essayais vers 18 ans de recenser toutes les œuvres qu'il avait pu lire au travers du filtre de ses propres écrits. Je suis très frustré de ne pas pouvoir lire Borges, libros y lecturas, ne connaissant pas l'espagnol. Mais sans doute vais-je tout de même l'acheter.

mercredi 3 novembre 2010

De XXI à Usbeck & Rica





Ces deux magazines d'information sont des trimestriels assez similaires dans la forme, mais complémentaires dans le fond.
XXI traite du présent politique, social ou culturel à la manière des grands reporter comme Kessel ou Londres. Les longs articles sont complétés par un récit graphique et un cahier de photographies. La revue en est à son douzième numéro.
Usbeck & Rica s'inspire nettement de son ainé dans la forme : articles longs, bande dessinée et cahier photo sont au rendez-vous. Mais si Usbeck & Rica aborde le présent, c'est pour mieux réfléchir à l'avenir et à l'évolution de nos sociétés.
Les deux magazines se vendent au même prix de 15 euros, justifiés par l'absence de publicité et la richesse du contenu.

lundi 1 novembre 2010

Des lectures à l'infini



Cette bibliothèque est une création de l'artiste Job Koelewijn, exposée en 2006 en compagnie de quatre autres "sculptures" monumentales.
Elle est magnifique et me fait penser à la bibliothèque de Babel de Borges.

jeudi 28 octobre 2010

Des expériences intéressantes

Voici les liens vers les bibliothèques virtuelles reconstituées d'auteurs ou de personnalités :

- Marie - Antoinette : http://www.librarything.com/catalog/MarieAntoinette
- Robert E Howard : http://www.librarything.com/profile/RobertEHoward
- Kafka : http://www.librarything.com/profile/Franz_Kafka

Et certaines en cours d'élaboration :

- Jean, duc de Berry : http://www.librarything.com/catalog/Jean_Duc_de_Berry
- Gustave Flaubert : http://www.librarything.com/catalog/GustaveFlaubert
- James Joyce : http://www.librarything.com/profile/JamesAJoyce
- C.S lewis : http://www.librarything.com/profile/JamesAJoyce
- Montaigne : http://www.librarything.fr/catalog/micheldemontaigne
- Leonard de Vinci : http://www.librarything.com/catalog/LeonardodaVinci

mercredi 27 octobre 2010

Un très beau texte sur l'histoire et le roman historique

C'est tiré de l'Avant-propos de Gaule & France d’Alexandre Dumas, publié en 1833.

"L’histoire de France, grâce à messieurs Mézeray, Vély, et Anquetil, a acquis une telle réputation d’ennui, qu’elle en peut disputer le prix avec avantage à toutes les histoires du monde connu : aussi le roman historique fut-il chose complètement étrangère à notre littérature jusqu’au moment où nous arrivèrent les chefs-d’œuvre de Walter Scott. Je dis étrangère, car je ne présume pas que l’on prenne sérieusement pour romans historiques le Siège de la Rochelle, de madame de Genlis, et Mathilde, ou les Croisades, de madame de Cottin. Jusqu’à cette époque nous ne connaissions donc réellement que le roman pastoral, le roman de mœurs, le roman d’alcôve, le roman de chevalerie, le roman de passion, et le roman sentimental. L’Astrée, Gil Blas, le Sofa, le petit Jehan de Saintré, Manon Lescaut, et Amélie Mansfield, furent les chefs-d’œuvre de chacun de ces genres.
Il en advint que notre étonnement fut grand en France lorsque, après avoir lu Ivanhoe, le Château de Kenilworth, Richard en Palestine, nous fûmes forcés de reconnaître la supériorité de ces romans sur les nôtres. C’est que Walter Scott aux qualités instinctives de ses prédécesseurs joignait les connaissances acquises, à l’étude du coeur des hommes la science de l’histoire des peuples ; c’est que, doué d’une curiosité archéologique, d’un coup d’œil exact, d’une puissance vivifiante, son génie résurrectionnel évoque toute une époque, avec ses moeurs, ses intérêts, ses passions, depuis Gurth le gardien de pourceaux jusqu’à Richard le chevalier noir, depuis Michaël Lambourn le spadassin, jusqu’à Elisabeth la reine régicide, depuis le chevalier de Léopard jusqu’à Sallah-Eddin le royal médecin : c’est que sous sa plume enfin, hommes et choses reprennent vie et place à la date où ils ont existé, que le lecteur se trouve insensiblement transporté au milieu d’un monde complet, dans toutes les harmonies de son échelle sociale, et qu’il se demande s’il n’est pas descendu par quelque escalier magique dans un de ces univers souterrains comme on en trouve dans les Mille et une Nuits.

Mais nous ne nous rendîmes point ainsi tout d’abord, et nous crûmes longtemps que cet intérêt inconnu que nous trouvions dans les romans de Walter Scott tenait à ce que l’histoire d’Angleterre offrait par ses évènements plus de variétés que la nôtre. Nous préférions attribuer la supériorité que nous ne pouvions nier à l’enchaînement des choses, plutôt qu’au génie de l’homme. Cela consolait notre amour-propre, et mettait Dieu de moitié dans notre défaite. Nous étions encore retranchés derrière cet argument, nous y défendant du moins mal qu’il nous était possible, lorsque Quentin Durward parut et battit en brèche le rempart de nos paresseuses excuses. Il fallut dès lors convenir que notre histoire avait aussi ses pages romanesques et poétiques ; et, pour comble d’humiliation, un Anglais les avait lues avant nous, et nous ne les connaissions encore que traduites d’une langue étrangère. Nous avons le défaut d’être vaniteux ; mais en échange nous avons le bonheur de ne pas être entêtés : vaincus, nous avouons franchement notre défaite, par la certitude que nous avons de rattraper quelque jour la victoire.

Notre jeunesse, que les circonstances graves de nos derniers temps avaient préparée à des études sérieuses, se mit ardemment à l’œuvre ; chacun s’enfonça dans la mine historique de nos bibliothèques, cherchant le filon qui lui paraissait le plus riche ; Buchon, Thierry, Barante, Sismondi et Guizot en revinrent avec des trésors qu’ils déposèrent généreusement sur nos places publiques, afin que chacun pût y puiser. Aussitôt la foule se précipita sur le minerai, et pendant quelques années il y eut un grand gaspillage de pourpoints, de chaperons et de poulaines ; un grand bruit d’armures, de heaumes et de dagues ; une grande confusion entre la langue d’Oil et la langue d’Oc : enfin du creuset de nos alchimistes modernes sortirent Cinq-Mars et Notre-Dame de Paris, deux lingots d’or pour un monceau de cendres.
Cependant les autres tentatives, tout incomplètes qu’elles étaient, produisirent du moins un résultat, ce fut de donner le goût de notre histoire : mauvais, médiocre ou bon, tout ce qui fut écrit sur ce sujet fut à peu près lu, on se figura que l’on connaissait aussi leurs chroniques. Chacun alors passa de la science de l’histoire générale au désir de connaître l’histoire privée : cette disposition d’esprit fut habilement remarquée par les Ouvrards littéraires : il se fit aussitôt une immense commande de mémoires inédits ; chaque époque eut son Brantôme, sa Motteville et son Saint-Simon ; tout cela se vendit jusqu’au dernier exemplaire : il n’y eut que les Mémoires de Napoléon qui s’écoulèrent difficilement : ils arrivaient après la Contemporaine.

L’école positive cria que tout cela était un grand malheur ; qu’on n’apprenait rien de réel ni de solide dans les romans historiques et avec les mémoires apocryphes ; que c’étaient des branches fausses et bâtardes qui n’appartenaient à aucun genre de littérature, et que ce qui restait de ces rapsodies dans la tête de ceux qui les avaient lues ne servait qu’à leur donner une idée inexacte des hommes et des choses, en les leur faisant envisager sous un faux point de vue ; que d’ailleurs l’intérêt dans ces sortes de productions était toujours absorbé par le personnage d’imagination, et que, par conséquent, c’était la partie romanesque qui laissait le plus de souvenirs. On leur opposa Walter Scott, qui certes a plus appris à ses compatriotes de faits historiques avec ses romans que Hume, Robertson et Lignard avec leurs histoires : ils répondirent que cela était vrai, mais que nous n’avions rien fait qui pût se comparer à ce qu’avait fait Walter Scott ; et sur ce point ils avaient raison : en conséquence, ils renvoyaient impitoyablement aux chroniques mêmes ; et sur ce point ils avaient tort. À moins d’une étude particulière de langue, que tout le monde n’a pas le temps de faire, et qui cause une fatigue que les hommes spéciaux ont seuls le courage de supporter, nos chroniques sont assez difficiles à lire depuis Villehardoin jusqu’à Joinville, c’est -à-dire depuis la fin du douzième siècle jusqu’à la fin du quatorzième.
(…)
Le lecteur se trouve, par conséquent, enfermé entre l’histoire proprement dite, qui n’est qu’une compilation ennuyeuse de dates et de faits rattachés chronologiquement les uns aux autres ; entre le roman historique, qui, à moins d’être écrit avec le génie et la science de Watler Scott, n’est qu’une lanterne magique sans lumière, sans couleur et sans portée, et enfin entre les chroniques originales, source certaine, profonde et intarissable, mais d’où l’eau sort si troublée qu’il est presque impossible à des yeux inhabiles de voir le fond à travers les flots.
(…)
La grande difficulté, selon nous, est de se garder de ces deux fautes, dont la première, nous l’avons dit, fut de maigrir le passé comme l’a fait l’histoire, et la seconde de défigurer l’histoire comme l’a fait le roman."

lundi 25 octobre 2010

Des bibliothèques en vidéo





J'ai trouvé une série de vidéos présentant des interviews de "personnalités" présentant leur bibliothèque. J'en ai sélectionné deux : Frédéric Diefenthal et Anny Duperey.

dimanche 17 octobre 2010

Une histoire du Japon


Après lecture d'un article sur ce blog, j'ai envie d'acheter et lire la Nouvelle histoire du Japon de Pierre-François Souyri paru en septembre chez Perrin.