mercredi 22 octobre 2008

Une lecture inspirante

A la lecture des cours de Borges consacrés à la langue saxonne, j’ai eu envie d’en lire d’avantage et j’ai trouvé une anthologie des textes celtes et germains dans l’ouvrage collectif « Patrimoine littéraire européen », Vol. 3 - Racines celtiques et germaniques, sous la direction de Jean-Claude Polet.

J’ai aussi trouvé un site donnant accès à quelques textes :
http://www.anglo-saxons.net/hwaet/?do=show&page=Literature
Et je ne résiste pas à vous communiquer ce poème anglo-saxon, traduit en français :

LA SEPULTURE
A toi cette maison construite bien avant que tu ne naisses.
A toi cette terre destinée bien avant que tu ne sortes du ventre de ta mère.
Ils ne l'ont pas encore construite.
On ignore sa profondeur.
On ne sait quelle sera sa taille.
Maintenant où tu dois être je te mène.
Maintenant je te mesure puis je mesure la terre.
Ta maison n'est pas très haute.
Elle est humble et basse.
Quand gisant tu seras là-bas, basses seront les palissades et humbles les murs.
Son toit touche ta poitrine.
Alors tu habiteras dans la poussière et tu sentiras le froid.
La grotte pourrira et sera ombre et sera ténèbre.
Cette maison n'a pas de porte, en elle aucune lumière.
Tu es là prisonnier à jamais et c'est la mort qui a la clef.
Exécrable est cette maison de terre.
Comme il est atroce d'y habiter.
Tu seras là et les vers te rongeront.
Tu es là couché loin de tes amis.
Personne ne viendra te voir.
Personne ne viendra te demander si te sied cette maison.
Personne n'ouvrira la porte.
Personne ne descendra ici : très vite exécrable à la vue tu seras.
Ta tête sera dépouillée de sa chevelure et s'éteindra l'éclat de ta toison.

lundi 20 octobre 2008

De retour




Cela faisait longtemps que je n'avais pas publié d'article sur ce blog... Peu de lecture depuis juin, et peu de livres intéressant.
J'ai commencé "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson, offert par une amie très chère ; mais je n'ai pas accroché. Peut-être un peu plus tard.
J'ai entamé la lecture des "Cours de littérature anglaise" de Borgès. Ce n'est pas vraiment du Borgès dans le style, mais j'y retrouve sa fantastique érudition et son art de tout mélanger. Très instructif, à défaut d'être passionnant.
Ce livre me done envie de me replonger dans les "Cours au Collège de France" de Michelet ainsi que dans son "Journal" édité chez Gallimard.

vendredi 27 juin 2008

Attention, livre maudit

Je viens de terminer Versus, avalé en deux jours. Ce roman rejoint le rayonnage assez réduit des livres qui ont compté pour moi. Sa lecture ne peut pas laisser indifférent.

Le personnage principal, Paul Nazutti est un concentré de haine qui porte sur le monde un regard ambigu : il le déteste, mais il continue d’y participer.

Le plus effrayant pour moi (et probablement pour les quelques proches qui parcourent ce blog) est que je me suis reconnu dans ce personnage de fiction. Pire encore, j’ai le sentiment que si j’étais entré dans la police comme j’avais initialement voulu le faire, je serais devenu comme lui. Aujourd’hui je ne lui ressemble qu’un peu !

Je suis persuadé que la société décrite par Antoine Chainas à travers le regard du major Nazutti est la vraie, et cela ne me rend pas optimiste…

Pour en revenir au roman, si j’excepte une fin prévisible et à mon avis inutilement dans la surenchère, il est bon de la première à la dernière page. Sans temps mort, il ne vous laisse pas respirer et vous plonge dans les tréfonds d’une (puis deux) âmes torturées. Là où le Dantec des Racines du Mal vous décrivait un univers glauque, Chainas vous y fait participer… C’est déstabilisant et je ne peux que recommander cette lecture à un public averti.

mardi 6 mai 2008

La mort d'un auteur boulimique

J’apprends aujourd’hui, par la lecture du blog La République des livres, la mort de Frédéric H. Fajardie, un très prolifique auteur de romans policiers et historiques, balayé par le cancer.

Avec plus de 300 titres à son actif, cet auteur multiforme à donner vie à des personnages attachants quoique légèrement stéréotypés.


Son premier roman, Tueurs de flics, est l’occasion de lancer un personnage récurent en la personne du commissaire Antonio Corrado Padovani qui poursuivra sa carrière dans 5 autres romans.

J’ai parlé de Fajardie sur ce blog au sujet des Foulards rouges et du Voleur de vents, romans « historiques » retraçant la saga des comtes de Nissac.

jeudi 3 avril 2008

Versus

Paul Nazutti, major à la Brigade des mineurs, est un des personnages les plus marquants qu’il m’est arrivé de croiser dans un polar, depuis les héros du Dantec que l’on pouvait encore lire !

Paul Nazutti, flic à l’ancienne, est un torrent de haine lancé contre l’humanité: hommes, femmes, enfants, vieux, noirs, arabes, juifs, homos, hétéros, flics, politiques, touristes, médecins, avocats, juges, fonctionnaires… Il les vomit tous mais encore plus les pervers et les pédophiles. C’est un flic qui guette, chasse, transgresse, torture. N’ayant que faire de la rédemption, sachant très bien qu’il ne sera au mieux qu'"un chiffre dans les statistiques", Nazutti est en croisade contre le rebus de l’humanité.

Dans Versus, à la manière des romans procéduraux classiques, une série de meurtres récents ramènent à la surface des affaires bâclées vingt ans auparavant. En 1988, Nazutti enquêtait sur la disparition d’une jeune fille. Celui qui n’était alors qu’inspecteur était alors plus en guerre contre son propre corps de métier que contre les criminels ; ce qui l’amena à bâcler l’affaire. Nous sommes ensuite transportés en juillet 2008, au moment où Nazutti tombe sur une affaire macabre: des cadavres de pédophiles retrouvés près des cadavres des enfants qu’ils ont auparavant violentés. Le meurtrier a également déposé des poèmes à côté des corps. Le nouveau chef de la brigade des mineurs fait alors équipe avec un idéaliste mis au placard pour avoir dénoncé des supérieurs, et qui revient sur le terrain.

Versus associe la profondeur psychologique et procédurale de Michael Connelly et le regard de Richard Price pour les villes d’aujourd’hui. On y retrouve également parfois les digressions mystiques et religieuses (moins délirantes cependant) de Dantec.

jeudi 17 janvier 2008

Internet, création de Borges ?

Borges, précurseur d’Internet ? C’est la thèse que développent certains travaux outre-Atlantique et dont on peut avoir un aperçu dans un article du New York Times…. Pierre Assouline consacre un article à cette idée et se dit troublé par certaines de ces analyses.

Faut-il pour autant lire dans Tlön, Uqbar, Orbis Tertius (1940) une métaphore de Wikipédia , les prémisses du blog et de l’archivage permanent dans Funes el memorioso (1942)ou encore rapprocher le projet de bibliothèque universelle de Google de La bibliothèque de Babel (1941) ?

Je suis plus que sceptique. Selon moi, Borges est un auteur immortel (l’un de ces thèmes d’écriture favoris) ou intemporel, mais je ne le vois pas comme « moderne ». Son approche des technologies est rare voire inexistante.

Bref, j’adore Borges et je l’admire, mais je ne suis pas prêt à en faire le prophète de l’ère numérique ! Nul doute que cette idée l’aurait fait cependant sourire…

jeudi 3 janvier 2008

Pour approcher Julien Gracq

A lire ici, un petit récit des entrevues de Léon Mazzella avec Julien Gracq. Pour en savoir un peu plus sur un écrivain qui fuyait ses semblables.