vendredi 12 février 2016

Un carnet de Marcel Proust à lire en ligne



La BnF a mis en ligne l’« Agenda 1906 » de Marcel Proust, acquis en 2013. Ce mystérieux carnet qui n’était mentionné ni dans sa correspondance ni dans ses cahiers, contient des notes de travail qui esquissent une fin différente pour la Recherche et donnent une autre version du célèbre épisode de la madeleine, qui évoquait alors l’odeur et non le goût du thé. 
Ces notes révèlent également certains aspects de la vie privée de l’auteur.
L'agenda a fait l'objet d'une étude détaillée livrée ici : transcription du texte, ajout de référence biographique des personnes mentionnées, de photographies des lieux, etc..
Alors que je me pose la question de la lecture de l'oeuvre de Proust, que j'ai sans cesse reporté, ce carnet donne une vision intéressante du processus d'écriture.

Humour de libraires





L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy avait incité les sympathisants à précommander le livre sur les sites de ventes en ligne. Le geste n'avait pas plu aux libraires indépendants, qui avaient tout simplement été oubliés du communiqué. Alors, quand ils se sont retrouvés avec des cartons et des cartons de La France pour la vie envoyés de force par l'éditeur Plon, certains libraires ont répondu à ce manque de savoir - vivre en trouvant au livre une place intéressante sur leurs linéaires !

Tu m'as mis au péril de la mer



J'ai (enfin) lu Prose pour l'étrangère de Julien Gracq, une amie ayant résolu mon dilemme et offert le premier tome des oeuvres complètes en Pléiade.
Il s'agit d'un texte très court, dans le ton du recueil Liberté Grande. C'est dans sa poésie que Julien Gracq m'apparaît comme surréaliste, et ce n'est pas ce que je préfère chez lui.
J'en retiens toutefois ce beau passage que je dédicace à ma femme :
"A chaque heure, à chaque minute, ta vie alerte ma vie comme une cloche fondue dans le matin qui fait bondir le jour plus clair et traverse le coeur du pressentiment d'une grande fête."


Notes de lecture

Je m'interroge sur ma façon de lire. Après plusieurs semaines passées sans ouvrir un seul livre, mais les laissant s'amonceler au pied du lit, je viens d'en dévorer trois.
J'étais autrefois un lecteur régulier, enchaînant les livres mais l'irruption d'Internet dans mon espace culturel a fragmenté ma lecture.
Toujours est-il que je viens de terminer Littérature vagabonde de Jérôme Garcin, Relire, enquête sur une passion littéraire de Laure Murat et Le déjeuner des bords de Loire de Philippe Le Guillou.
Du premier, j'ai attrapé une liste de livres ou d'auteurs à lire : Georges Perros, Jean - Louis Bory, Jacques Chessex, François - Régis Bastide et Pierre Béarn.
Le second m'a fait réfléchir sur mes relectures bien - sûr, mais aussi mes lectures : je lis peu d'auteurs femmes, mais je ne semble pas être très original en cela selon l'enquête de Laure Murat. Ma lecture semble plutôt être  celle des gens du Moyen - Age si j'en crois Barthes, que je n'apprécie pas à cause de son jargon inutile selon moi (ressemblant en cela à Julien Gracq d'après Phillipe Le Guillou) :
"Ce que Barthes appelle la "lecture éphémère" ou la "lecture sans retour", désignant ces livres qu'on ne lit qu'une fois, qu'on traverse comme le train un paysage où l'on ne reviendra plus, serait lié à la naissance du capitalisme. Elle relèverait d'une "idéologie de la consommation", d'une "phénoménologie de la dévoration", qui aurait été impensable sous l'Antiquité ou au Moyen - Age, époques de l'éternel retour au texte et à la glose".
De l'enquête de Laure Murat, je garde aussi l'envie de relire une nouvelle fois Bouvard et Pécuchet !
Enfin, le petit livre de Philippe Le Guillou m'emplit de nostalgie. Celle d'abord d'avoir (re)découvert Julien Gracq trop tard pour oser lui dire mon émotion et mon respect face à son oeuvre. L'autre ensuite pour ce sentiment d'une époque disparue qui me fait parfois ne pas me sentir à ma place dans l'époque où nous sommes. Le déjeuner des bords de Loire me donne enfin de nouveau l'envie de m'arrêter à Saint Florent - le - Vieil bientôt, pour hanter les pas de Julien Gracq.

mardi 9 février 2016

Des histoires qui s'achèvent




Juliette Benzoni, auteur de romans historiques, est morte ce week-end. Née en 1920, elle commença dans l'écriture comme journaliste (notamment pour la revue Historia) avant de se lancer dans le roman historique au début des années 1960 avec la série des Catherine, une saga composée de six romans se déroulant durant la Guerre de Cent ans.
Elle poursuivra dans cette veine avec plus de 80 romans se déroulant principalement au temps de la Renaissance italienne, des croisades, ou de la guerre de Cent Ans. Si ses romans mêlaient les histoires d’amour à la grande histoire, très rigoureuse, la romancière s’appuyait sur des recherches historiques poussées pour écrire ses intrigues.
Traduite dans une vingtaine de langues, Juliette Benzoni a vendu plus de 300 millions de livres. Plusieurs de ces romans ont été adaptés pour la télé ou le cinéma.
J'ai découvert cet auteur par ma grand-mère et madame Benzoni a su plusieurs fois me transporter par ses livres dans ces époques que j'ai étudiées par la suite.

jeudi 31 décembre 2015

Mon cadeau de Noël ?





Ma femme m'a offert une liseuse pour Noël, le modèle Ultra Tea. C'est un bel objet sur lequel lire est agréable en raison d'un écran mat donnant la sensation de parcourir la page d'un vrai livre. Je n'ai pas vraiment eu le temps de l'essayer car Alice s'en est emparer pour lire Les contes de Beedle le Barde de l'auteur de la saga Harry Potter.
Si je pense n'utiliser que ponctuellement cette liseuse, voici quelqu'un qui devrait en profiter pleinement...

jeudi 24 décembre 2015

La bibliothèque de Babel existe !



Jorge Luis Borges  publia en 1941 une de ses plus célèbres nouvelles, « La bibliothèque de Babel ». 

La bibliothèque de Babel est une bibliothèque univers, c’est-à-dire qu’elle est tellement grande qu’elle contient tous les textes possibles et imaginables. 
Combien de livres contient-elle exactement ? Un nombre colossal. Pour le comprendre, il faut préciser le « fonctionnement » de la bibliothèque : selon Borges, chaque livre qu’elle possède contient 410 pages et chaque page contient 40 lignes de texte, elles-mêmes composées de 80 caractères chacune. Chaque livre contient donc 1 312 000 caractères et utilise toutes les lettres de l’alphabet (26 lettres), plus l’espace, la virgule et le point, ce qui porte à 29 le nombre de signes différents utilisables.
La bibliothèque comporte donc 291 312 000 livres  (29 multiplié par lui-même 1 312 000 fois). Pour prendre la mesure d’un tel nombre, l’imprimer requerrait 500 pages A4, remplirait un roman de 1 100 pages en format de poche et, écrit en ligne droite, mesurerait environ 354 kilomètres de long. 
Quelle place prendrait alors une telle bibliothèque ? Si l’on imagine qu’un livre occupe un volume de 3 000 cm3, et si l’on part du postulat que l’univers observable est une sphère de 46 milliards d’années-lumière de rayon, de rapides calculs indiquent que l’on peut stocker dans cet univers environ 2,8 × 1050 livres
Si elle existait, la bibliothèque imaginée par Borges remplirait non seulement l’univers tout entier, mais en nécessiterait beaucoup plus. 


A défaut d’exister physiquement, la bibliothèque peut être parcourue numériquement grâce à Jonathan Basile. Son site libraryofbabel.info reproduit presque exactement le fonctionnement de la bibliothèque décrite par Jorge Luis Borges. La bibliothèque créée est différente  en cela qu’elle ne contient pas tous les livres possibles mais seulement toutes les pages possibles. La bibliothèque contient donc environ  4,7 ×  104 679 pages différentes, réparties dans104 677 livres.
Bien sûr, la bibliothèque contient tellement d’information qu’il serait impossible de la stocker numériquement. Le contenu de la bibliothèque est donc généré à partir d’un algorithme spécial créé par Jonathan Basile. Chaque page a un numéro unique qui lui est propre et qui l’identifie dans la bibliothèque. L’algorithme utilise ensuite ce numéro de page pour générer un nombre pseudo-aléatoire unique qui est lui-même converti en base 29, c’est-à-dire en texte utilisant les 29 signes cités précédemment : le texte de la page est généré. Le même numéro de page créera donc la même page à chaque fois.
Fidèle à la nouvelle parue en 1941, la bibliothèque numérique est organisée en pièces hexagonales identiques, dont 4 des murs abritent des livres sur cinq étagères chacun.Chaque étagère comporte 32 livres de 410 pages chacun. Et chaque page de chaque livre, de chaque étagère, de chaque pièce est accessible. L’immense majorité de ces pages renferment des suites incompréhensibles de caractères. Pourtant, parmi ces milliards et milliards de pages, se trouvent forcément des livres que vous avez lus. Ces pages contiennent pratiquement tout : vous y trouverez aussi bien les aventures de votre héros de roman préféré que le manuel d’utilisation de votre aspirateur, les évangiles de la Bible ou les versets du Coran, les articles de l’Encyclopédie de Diderot, les poèmes de Shakespeare, toutes les pages de votre journal intime, toutes les théories mathématiques jamais écrites, tous les secrets, tous les rêves, tous les récits et tous les noms, même votre nom et votre histoire, existent déjà dans l’immensité de la bibliothèque de Babel. Parmi ces pages inexplorées se trouve aussi tout ce qui n’a jamais été écrit mais qui le sera peut-être un jour.


Tout ce que vous écrirez ou pourriez écrire est déjà là, quelque part. Il suffit juste de chercher.